23/02/2005

Proposition décente...

J'ai proposé à mes élèves de quatrième de participer à un concours d'écriture. L'objectif était de choisir une photo parmi les nombreuses d'une photographe contemporaine et, soit d'imaginer les circonstances qui ont conduit à la photo, soit d'exprimer ses sentiments, réactions par rapport à la photo. Voici donc un premier texte...
 
Moi, sous les pieds à chaque pas de danse, voyant chaque leçon sans rater une seconde, voyant ces quelques curieux rarement attentionnés et vite ennuyés, je commençais à être habitué, voire énervé de ces regards vides d'expression. Jusqu'à ce jour presque comme tant d'autres où, sans voir la lumière du dehors, j'étais,tout comme ce professeur, enchanté de la lumière de cette partenaire compétente et ravissante aux couleurs du soleil.Alors, pour la première fois, leurs regards restèrent passionnés pendant le temps d'une musique. Mais lorsque mes yeux se tournèrent vers le peu de spectateurs, j'aperçus une femme installée juste devant, un appareil photo à la main. Elle observait, admirait le décor avec fascination. Aimait-elle le tango, la lumière, les couleurs ? Cette femme aux yeux sombres regardait et resta jusqu'à la dernière seconde ; n'avait-elle rien d'autre à faire ? D'où venait-elle ? Quand le moment de partir arriva, elle sortit, de manière hésitante, mais partit quand même, malgré son désir de rester sans parler, sans bouger, juste rêver, assise devant nous, ici dans cette pièce. Au même moment, le danseur et sa partenaire tombèrent sous le charme l'un l'autre. Qu'auraient-ils pu rêver de mieux que pouvoir danser cette musique sensuelle, avec de vrais sentiments ? Ainsi deux mondes différents avaient été sous mes yeux, d'un côté le couple de danseurs et de l'autre, cette femme solitaire et mystérieuse qui, selon moi, était photographe car elle assistait toujours à la scène avec le même regard, son appareil photo en main sans jamais prendre de clichés. Mais voilà, la veille du gala de tango, lors de la dernière répétition, elle était là et en un instant, elle appuya sur le bouton qui déclencha le flash ; elle avait choisi d'immortaliser ce moment qui comblait le manque de plaisir et lui rendait le sourire qu'elle avait perdu depuis que sa mère fut emportée par le désespoir de vivre.En tout cas, rien de cette histoire n'avait changé mon style de vie puisque je demeurais toujours auprès de mon fidèle ami, le rideau rouge et à chaque fin de semaine, la femme de ménage venait me cirer encore et encore...
 
-Angélique, 4è A- à partir de la photo Les danseurs de tango, Dolorès Marat.

Cela fait maintenant trois mois que Diego et moi sommes séparés et chaque jour qui passe, je ne cesse de penser à lui. Je repense surtout à ses baisers si chauds, si réconfortants, à toutes ces journées où nous restions blottis l’un contre l’autre avec la sensation que rien ni personne ne pouvait nous séparer, jusqu’à ces sempiternelles disputes où je ne reconnaissais plus l’homme que j’avais connu autrefois, mais pour qui j’éprouvais un amour profond.  Hélas, un froid matin d’hiver où j’avais la nette intention de lui prouver que mon amour était sincère, je me suis retournée pour contempler son doux visage mais il n’était plus à mes côtés. Alors, j’ai compris que notre amour s’était envolé avec lui. Voilà la raison pour laquelle je n’ai plus goût à rien, je suis mal dans ma peau et terriblement seule. Pourtant je sais, tout au fond de mon cœur, que cet amour était voué à l’échec. J’essayais de l’oublier, en vain.
Jusqu’à ce jour où je sortais acheter mon pain. J’ai vu une affiche au loin, je me suis approchée pour en savoir plus et j’ai compris qu’il s’agissait d’un cours de tango. Après quoi, je me suis remise à mes tâches quotidiennes mais cette affiche m’avait troublé l’esprit. Je devais me résigner à ne pas participer à ce concours, malgré l’envie que j’éprouvais d’y participer.  Pendant plusieurs jours, j’essayais de me convaincre que je n’avais pas les compétences requises pour ce concours, mais la curiosité et l’envie ont eu raison de moi.
Une semaine plus tard, je me suis rendue à une répétition, je suis arrivée et j’ai vu cet homme qui dansait avec une telle légèreté et une telle grâce que j’en ai été troublée. En voyant le talent de tous ces gens, je me suis dit qu’il valait mieux que je parte car je n’arriverais jamais à leur niveau. Je suis sortie de la pièce quand soudain, j’ai senti une main se poser sur mon épaule. Je me suis retournée et je suis tombée face à face avec cet inconnu. Ma première réaction a été de lui demander qui il était. Il m’a simplement répondu qu’il s’appelait Anthony, qu’il était professeur de tango et qu’il m’avait vue entrer et ressortir aussitôt.  Je lui ai alors répliqué que j’étais venue dans le but d’apprendre le tango mais que je me suis découragée quand j’ai vu le talent de toutes ces personnes et il m’a tout de suite proposé de danser avec lui afin qu’il évalue mon niveau. J’ai, d’emblée, accepté sa proposition. On a commencé à danser, et étrangement je me débrouillais plutôt bien. Serait-ce peut être parce que cet homme me plaisait énormément ? Je ne sais pas, mais tout ce que je peux affirmer, c’est qu’à ses côtés je me sentais comme une princesse, il me faisait planer, j’avais l’impression d’être dans un rêve. Après le cours de danse, nous sommes allés boire un café et c’est là qu’il m’a dit que le concours de tango avait lieu dans approximativement six mois, qu’il avait besoin d’une partenaire et qu’il aimerait que ce soit moi car j’avais, selon lui, beaucoup de talent. J’ai réfléchi toute la nuit à cette proposition.  D’une part, j’avais très peur de ne pas être à la hauteur pour assurer le show et, d’autre part, j’avais très envie de vivre cette nouvelle aventure avec Anthony.
Le lendemain, je lui ai fait part de ma décision et il en était très heureux. Tous les jours pendant six mois nous avons travaillé comme des acharnés pour arriver à un résultat des plus surprenants.
Le jour précédant le show, nous avons répondu à toutes sortes de questions à propos de la représentation et de cette expérience. La journaliste avait l’air très intéressée par le tango, elle avait même projeté d’assister au show.  Deux heures avant, nous étions déjà derrière le rideau et nous répétions encore quand la journaliste est arrivée. Je l’ai vue s’asseoir, nous regarder longuement et prendre plusieurs clichés de nous. Cela m’a intriguée et après le spectacle, je lui ai demandé pourquoi elle avait pris des clichés de nous en train de danser alors que le show n’était même pas commencé. Elle m’a répondu qu’à ce moment-là elle a ressenti beaucoup de professionnalisme et beaucoup d’amour dans notre façon de danser et que c’était le moment opportun de nous prendre en photos. En effet, notre danse regorge bien d’amour car cela fait deux mois que je partage la vie d’ Anthony et nous projetons de nous marier ; quant à notre interview et nos photos, ils apparaîtront dans la prochaine parution du célèbre "STAR MAG"
 
-Marisa et Mylène-, 4è A- d'après la photo Les danseurs de tango, Dolorès Marat
 

Marie Harris était une jeune femme de 28 ans. Elle était très belle. Ses cheveux étaient roux, lisses, et longs jusqu’à la taille. Ses yeux reflétaient le ciel par leur couleur bleu azur. Son corps, fin et souple, frôlait la perfection même. Elle était mariée pour l’Etat, mais son cœur était à prendre. Alex Harris, cet homme milliardaire, l’avait épousée. Marie avait été forcée de se marier par son père, lui-même milliardaire. Le jour de son mariage fut le premier jour où Marie pleura. Chaque jour, Alex rentrait chez lui et Marie subissait la violence, les insultes, le harcèlement.
Marie souffrait énormément de tout cela. Pour s’excuser, son mari l’emmenait dans toutes sortes d’endroits. Ce soir-là, il avait choisi…
- Le club tango…dit Alex. C’est un endroit modeste, nous pourrons y faire bonne impression.
Alex adorait aller dans des endroits modestes où tout le monde était fier d’avoir monsieur le duc pour hôte ! Marie, elle, ne se vantait pas de son titre de duchesse. Tout le monde savait qui elle était et elle laissait les gens indifférents.
Au club Tango ce soir-là, tout devint différent pour Marie. Un danseur faisait son show, il lui rappelait la joie. Elle même était une excellente danseuse de tango. L’homme, les cheveux mi-longs, attachés derrière la nuque, était splendide. Son corps était puissant et se mouvait avec une élégance inouïe. Il inspirait confiance et joie à Marie.
- Marie, demanda Alex, que veux-tu boire ?
Marie décolla ses yeux du danseur et regarda son ignoble mari. Elle lui répondit qu’elle ne voulait rien et se contenta d’observer le danseur…Le danseur finit par croiser son regard mais Marie ne put rien y lire. Les regards s'échangèrent juste une seconde, mais cette seconde parut être une heure pour Marie… Sans même connaître l’homme, elle l’aimait de tout son cœur !
Quelques jours plus tard, Marie sortait de chez le coiffeur, les cheveux mi-longs et blonds. Elle s’acheta de nouveaux vêtements pour paraître plus modeste. Après tout ça, elle était devenue méconnaissable. Elle était toujours très belle, mais elle avait un air plus naturel. Elle se rendit au club tango, poussa la porte et aborda Anthony.
- Que voulez-vous ? demanda Anthony, sans reconnaître la duchesse.
- Je veux auditionner pour être danseuse, dit Marie.
Marie n’eut pas à attendre de réponse, Anthony lui sourit et lui attrapa les mains.  Ils se lancèrent dans un tango effréné, leurs corps s’alliant avec beauté et élégance. Ils dansèrent une heure durant, parlant et plaisantant en même temps. La chimie entre eux était extraordinaire ! Marie sourit durant toute l’heure. A la fin de la séance, Anthony murmura à Marie :
- Je t’aime, Marie, reviens danser chaque jour.
Durant sept jours, Marie alla danser, à l’insu de son Mari. Ses heures passées avec Anthony étaient les plus belles de sa vie. Elle ne pouvait plus se passer des bras d’Anthony, qui étaient pour elle un sanctuaire. Sa coupe de cheveux était même passée inaperçue.
C’est au septième jour, le jour de la représentation, que le drame arriva. Marie n’avait rien vu, l’un des spectateurs était Marc, l’un des meilleurs amis de Alex. Il prit une photo, une magnifique photo montrant Marie et Anthony, dansant sur la scène, tous les deux. Les couleurs étaient vives, chaudes, et les deux corps dansant ensemble offraient un spectacle magnifique.Le spectacle prit fin sous les acclamations enthousiastes des clients. Alors que Marie riait et plaisantait avec son élu, une personne que Marie ne connaissait pas arriva. C’était une jeune femme. Elle souriait jusqu’aux oreilles. Elle regarda Marie et lui dit soudain :
- Bonjour, madame la duchesse, vous étiez formidable !
Anthony eut un regard horrifié ! Marie devint aussi rouge qu’une tomate. Elle se sentait horriblement gênée. Anthony se mit soudain à hurler…Après une longue dispute dans laquelle Anthony révéla qu’il détestait la bourgeoisie, il lança à Marie :
- Je ne veux plus jamais te revoir ! Plus jamais…
Depuis des années, Marie s'était construit une carapace, mais cette fois c'en était trop. Elle parcourut les rues en courant, son cœur brisé, le chagrin lui rongeant le sang et la peau. Juste après avoir retrouvé un amour pur, son identité la trahissait.
Elle arriva chez elle, poussa la porte de son immense demeure et, sans s’en rendre compte, elle se retrouva allongée sur le sol, le nez en sang. Alex avait frappé juste…
- Regarde ça, hurla-t-il, regarde, traînée !
Il jeta sur Marie une magnifique photo, une photo la montrant, elle et Anthony, dansant quelques heures plus tôt. La colère lui rongea la peau, elle ne chercha pas à savoir qui avait pris cette photo. Elle tenta d’ouvrir la porte pour s’enfuir, mais Alex l’attrapa par la gorge et la traîna dans la cuisine.Marie hurlait en pensant que la vie ne valait plus grand chose sans son nouvel amour. Elle reçut quelques coups supplémentaires et elle entendit un grand bruit de tiroir derrière elle. Elle se retourna. A travers le sang coulant devant ses yeux, elle aperçut Alex. Il tenait dans sa main un couteau immense, un couteau de cuisine. Le cœur de Marie vacilla.- Non, Alex ! tu es devenu fou…qu’est-ce qui te prend ? sanglota Marie.Alex la regarda, les yeux furieux. Sa bouche tremblait.- Tu…tu m’as trompé…comment as-tu osé ? Je vais te tuer…tu vas payer tout ça !Marie donna un coup de poing dans le ventre de son agresseur et se mit à courir très vite dans toutes les pièces de la maison. Elle finit par arriver devant l’immense demeure. Elle sentit l’air frais sur son visage. Des larmes coulaient sur son visage, toutes ses larmes mouraient pour Anthony.
- Marie…je t’aime tellement, pourquoi m’as-tu fait tant de mal ? Pourquoi, murmura Alex en arrivant dans l’encadrement de la porte.
- Alex, gémit Marie. Je t’en prie…tu m’as toujours battue, tu as toujours été horrible avec moi ! Tu n’es qu’un prétentieux qui se protège derrière ses milliards !
Alex hurla comme un dément et se jeta littéralement sur Marie qui tomba dans les graviers. Elle tenta vainement de ramper mais Alex la tenait fermement de la main droite, la gauche étant trop occupée à tenir le couteau.
- Marie, murmura-t-il, je ne t’oublierai jamais !
Marie voyait son visage. Il avait les traits durcis par une colère immense. Ses lèvres tremblaient et Marie comprit alors que pour elle tout était fini. Alors qu' Alex levait le couteau pour percer le cœur de Marie, un bruit retentit, énorme bruit. Un bruit de coup de feu ! Alex fit une drôle de grimace, du sang coulant au niveau de son cœur. Il poussa un léger gémissement et tomba sur Marie. Celle-ci le repoussa avec dégoût et parvint à se retourner.  Une vision de rêve s’offrait à elle. Elle qui n’y croyait plus, elle qui était prête à se laisser mourir…  Anthony se tenait droit, ses deux mains serrées sur un revolver.
- Anthony, dit Marie en se levant. Je…que fais-tu là…
Anthony ne dit rien, il se rua vers Marie et l’embrassa longuement. Marie apprit par la suite qu’Anthony, s’en voulant horriblement, avait pris l’adresse de Marie et était accouru chez elle. Il l’aimait autant qu’elle l’aimait et c’était merveilleux.
La police reconnut le cas de « légitime défense » d’Anthony et Marie hérita de plusieurs milliards. Elle plaça l’argent sur un compte et vécut avec ce qu’une personne « normale » possède. Anthony en était heureux et rien au monde n’était plus fort que leur amour…
 
-Maxime, 4è B-, d'après la photo Les danseurs de tango, Dolorès Marat

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Commentaires

wAw Bravo MAx,c'est vraiment tres beau je trouve..bisous

Écrit par : Sarli | 11/06/2005

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