24/02/2005

Ecrire l'histoire d'une photo

Tout près des étoiles !
J’y suis !
Ca y est !
Après tant d’années, c’est moi qui y suis !
J’ai longtemps été mis à l’écart a cause de mon âge. Trop vieux me disaient les gens. Ce soir je ne suis trop vieux pour personne.
J’ai trouvé ma place.
Je me balance entre le sol et les étoiles. Je ne me suis jamais senti aussi bien.
La tension est à son comble.
La salle est pleine…
C’est la première et de nombreux invités sont présents dans la salle.
Au premier rang sont installés des photographes, leur doigt sur le déclencheur, à l’affût du moindre mouvement exceptionnel, tels des chasseurs à l’affût du gibier.
Derrière eux, de nombreux spectateurs attentifs. Il y en a de tous âges, mais moi je ne les vois pas. Je suis trop concentré pour cela.
J’accélère ou plutôt je laisse la vitesse m’emporter.
Deux aller–retour et c’est parti.
Accroché à moi, mon partenaire s’envole avec majesté.
Les yeux écarquillés, la bouche grand ouverte, le public retient son souffle et, suit d’un simple mouvement de tête la trajectoire du voltigeur.
Les lumières sont braquées sur nous.
Je sens ses mains, elles sont solides, détendues et confiantes.
Son corps se cambre, ses jambes montent, il se concentre et c’est le saut…
Un court instant de séparation et me voilà de nouveau lié à lui.
Encore une fois, ses mains se sont posées sur moi et sa confiance a été telle qu’il n’a pas eu besoin de me regarder pour savoir que j’étais là.
C’est le triomphe !!!I
l a réussi !
Tout le monde applaudit et les flashes crépitent pour immortaliser cet instant magique.
Je partage avec lui ce délicieux moment d’extase.
Il a cru en moi et mon âge l’a mis en confiance. Il savait que je n’avais jamais failli et que ce soir encore, je serais là, solide et ponctuel.
Une corde s’approche de lui, il l’empoigne et son corps agile glisse lentement contre elle tel un serpent.
Je le regarde s’éloigner.
Pour moi, la soirée s’arrête ici.
Des techniciens me tirent hors de vue des spectateurs et me rangent dans la caisse à trapèze. Je ne ressortirai que demain, même heure, même place, même crochet.
 
-Julien P, 4è A- d'après la photo Les applaudissements, Dolorès Marat

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Commentaires

WaW très bo..Ju
vraimen cOo0l..

Écrit par : JeReM | 26/02/2005

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