24/02/2005

Ecrire l'histoire d'une photo

C’était un dimanche. Je n’avais rien à faire à la maison. Je m’étais donc décidée à faire des photographies.
Je me promène, j’observe ce qu’il se passe autour de moi… mais rien. L’inspiration me manquait ce jour-là. J’avais beau me force, je ne trouvais rien, rien, rien ! Je désespérais un peu. J’avais même envie de laisser tomber et d’arrêter la photographie à tout jamais.
Déçue, je me dirige vers l’arrêt du métro pour rentrer chez moi, sans photo. Et puis, un sujet est venu de lui-même à moi.
J’installe rapidement le pied de mon appareil. Je règle le plus vite possible le diaphragme, la vitesse et la mise au point. Il ne fallait surtout pas que cette photo soit ratée, floue, surexposée ou sous-exposée,…Je la voulais parfaite, mais je devais faire vite car il s’agissait d’un couple de jeunes gens qui s’embrassaient. Cela pourrait paraître banal. Mais ce qui était original, c’était l’endroit.
En effet, pour s’embrasser, il faut un lieu romantique, intime. Et là, c’était tout le contraire. Habituellement, on ne s’embrasse pas quand on prend le métro. On court, on se dépêche,…Tout le monde se déplace. Et eux, ils s’arrêtent. Leur amour est si fort qu’ils ne font attention ni à moi, ni aux passants curieux. D’ailleurs, ces derniers me regardent et se demandent pourquoi je photographie ce couple, sans vergogne.
Bien sûr, après avoir tiré quelques photos, j’ai bien veillé à demander l’autorisation de ces deux personnes. C’était leur droit de refuser. Heureusement pour moi, ils ont trouvé l’idée géniale. Ils ont accepté que je développe mes images et même que je les expose publiquement.
Ce dimanche-là, j’étais heureuse. Je savais enfin que l’art photographique m’appelait. J’avais ce don en moi. Et il fallait que je l’exploite. Mais pour réussir dans ce genre de métier, il faut surtout le vouloir du fond du cœur. Tout comme le couple était tombé amoureux l’un de l’autre, j’étais tombé amoureuse de la photographie...
 
-Giovanna, 4è A- à partir de la photo Le baiser dans le métro, Dolorès Marat
 

Me voici dans le métro de Paris, mon appareil photo dans ma sacoche, je ne sors jamais sans! Je suis, comme toujours, à la recherche d’une photo unique à ajouter dans mon palmarès, et comme je suis plutôt de bonne humeur en cette fin d’après-midi, je voudrais en prendre une qui laisserait passer de l’amour, car je crois que c’est l’un des rares sentiments qui nous rendent joyeux.
Je suis dans ce métro depuis une demi-heure, je m’arrête, devant moi s’embrassent un homme et une femme, tandis que les Parisiens passent à côté d’eux sans y prêter attention. Ils ont l’air d’être dans leur monde, un monde rempli d’amour et de paix, tout en oubliant la réalité. Je la tiens ma photo ! Je sors vite mon appareil de ma sacoche, je vérifie qu’il y a encore de la place sur ma pellicule, ça serait bête de rater une photo comme celle-là ! Je choisis une vitesse d’obturation lente pour donner un effet de flou aux passants et pouvoir détacher le couple de ce monde. Je cadre, je déclenche. Je reste quelques secondes en admiration devant cette image de deux êtres unis par l’amour. Peu après, la fille s’en va en laissant son amant seul. Je vais lui parler, je dois bien avouer que je suis très curieuse, je me fais passer pour une journaliste chroniqueuse d’une rubrique sur l’amour dans un très célèbre magazine. Je lui demande de me raconter sa rencontre avec elle. Ouf, il me croit bien journaliste ! Voici son histoire, cet instant passé avec elle et sa rencontre : «Voilà, elle est enfin mienne. Elle, si belle, avec ses yeux bleus comme le ciel, ils ont réussi à devenir des sabres et à transpercer mon armure pour atteindre mon cœur, avec ses cheveux, blonds comme le champ de blé et ses lèvres si pulpeuses que lorsqu’on les aperçoit, on a envie de les embrasser. Je ne regretterai jamais d’avoir pris le métro en sortant des cours un vendredi soir au lieu d’aller m’amuser avec mes amis. Du premier coup d’œil je l’ai vue, ses yeux m’ont paru comme deux petits bouts de ciel bleu dans la grisette du métro. Je l’ai regardée, elle m’a regardé, on s’est contemplés quelques secondes mais cela m’a semblé des heures. Dès ces quelques secondes passées à me noyer dans ses yeux, je me suis mis à penser à elle jour et nuit ; une seule fois mais cela durait vingt-quatre heures. Je reprenais le métro comme à mon habitude dans l’espoir de la revoir, mais elle n’était plus jamais là. J’ai commencé à désespérer jusqu’à aujourd’hui où je l’ai vue rentrer chez elle. Son appartement se trouvait tout près du mien, j’ai foncé, je l’ai prise par la main, elle s’est retournée, une étoile brillait dans ses yeux et illuminait la froide nuit de Paris. Je lui ai proposé de prendre un verre, elle a accepté, j’etais fou de joie. Nous avons repris le métro, elle était à mes côtés. J’ai passé une très bonne soirée avec elle et il y a un instant, sur le quai du métro en sa compagnie, elle s’est retournée et m’a embrassé tandis que les passants ne nous regardaient même pas, ils semblent ignorer l’amour dans ce monde remplit de tristesse, moi je me suis retrouvé dans un autre rempli de paix et d’amour. Et lorsque je suis revenu à la réalité, ses lèvres se sont détachées des miennes, ce baiser à duré quelques secondes, mais il m’a pourtant paru durer de longues minutes. Elle m’a dit au revoir. Et vous êtes venue me parler ; si je vous ai raconté cette histoire, c’est juste pour soulager mon cœur, mais je ne vous crois nullement journaliste ! J’espère juste la revoir car je ne lui ai même pas demandé son numéro, mais il me suffira d’aller la chercher à son appartement, pour continuer à revivre ces instants de pur bonheur».  Je suis une très grande émotive, j’adore les histoires d’amour, j’ai versé une larme. Ayant abreuvé ma curiosité, même s’il ne m’avait pas crue, je laisse ce garçon tranquille et je retourne chez moi pour développer ma photo en espérant qu’elle soit réussie. Moi aussi je prends le métro pour retourner chez moi, lorsque je t’ai aperçu…
 
-Vincent, 4è A- d'après la photo Le baiser dans le métro, Dolorès Marat

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