24/02/2005

Ecrire l'histoire d'une photo

Deux anges inoubliables
 
La journée touchait à sa fin et je n’avais rien à raconter. J’avais l’impression d’avoir perdu du temps et que ce séjour commençait à me lasser.
Sam, qui m’accompagnait ne supportait pas de me voir triste et découragée. Il me prit par la main et m’emmena. Nous traversâmes la vieille ville, les ruines du monastère. Nous empruntâmes des chemins caillouteusx et déserts. Je sentais mon coeur battre dans cette course folle.  Et puis, il s’arrêta brusquement et me demanda de fermer les yeux. Il me guidait à travers une végétation qui m‘effleurait le visage et le corps. Effrayée mais excitée, je me laissais conduire. Au bout d’un moment, plus rien, je ressentais le vide autour de moi.
On s’arrêta. J’ouvris les yeux et je vis s’élever devant moi cette colline de sable et de pierres, majestueuse, surmontée de deux anges blancs aux ailes d’or. Le coucher du soleil rehaussait la beauté des lieux. Je devais garder cet endroit en mémoire. Je pris mon appareil sans hésiter et en tirai un cliché.  Lorsque mon oeil fixa l’objectif, je sentis monter en moi, un frisson, un malaise et je partis dans mes rêves le temps de la prise.
Qui sont ces deux anges qui déchirent le ciel du haut de cette pyramide ?  Peut-être se sont-ils aimés par le passé d’une passion dévorante puis déchirés d’une façon violente et enfin retrouvés, dans l’autre monde où l’amour éternel les a réunis à jamais ? Sont-ils aujourd’hui les témoins de l’Amour ? Ils nous guident, nous épient et sont sans cesse à nos côtés. Ils nous soufflent leur amour.
A nous de le respirer et de le répandre là où la haine, la violence et la folie font rage. Ils protègent le monde, témoignent de leur amour mais certains les ignorent, les haïssent et leur tournent le dos. Notre terre est en danger, eux seuls peuvent nous sauver. Ouvrons notre coeur, apprenons à aimer celui qui nous appelle, qui a besoin de nous et qui nous regarde avec les yeux de ces anges.
Depuis notre naissance, ils sont présents à chaque instant et dans tous les moments intenses de notre vie : nos joies, nos pleurs, nos rires, nos peines qui malgré tout nous rendent heureux. Deux êtres magnifiques qui donnent sans rien attendre en retour.
Nous avons chacun nos anges ; toi, moi, le monde !
Mais qui sont-ils vraiment pour nous aimer à ce point ?
Adorables, fragiles, et tellement compréhensifs, je crois bien que je ne leur dirai jamais assez combien je les aime, combien ils comptent pour moi et que la plus grande place dans mon coeur leur est réservée. Je les admire car ils sont toujours disponibles pour moi, pour toi, pour nous.
Tu vois cette belle silhouette avec son beau sourire au loin là-haut, ce bel ange…, c’est ma mère et l’autre à côté qui la regarde avec tant de lumière dans les yeux, eh bien c’est mon père.
Alors, regarde toi aussi, les vois-tu ? Sache que quel que soit l’endroit où ils se trouvent, sur terre ou au ciel, ils te regardent et continuent à te donner autant d’amour. Voici un secret que je voudrais partager !
Sam me ramena à la réalité. Je refermai mon appareil. La nuit venait de tomber.
 
-Lorie, 4èA-, d'après la photo Les anges, Dolorès Marat


Le soleil vient de se coucher…voilà que les étoiles font déjà leur apparition.
Je suis seule aujourd’hui, mais la solitude n’est pas un choix… elle résulte de la perte tragique de mon mari. Il est décédé dans un accident de voiture voilà de cela une dizaine d’années. Nous avions le projet de fonder une famille mais la mort l’a volé à moi et nous a privés de ce rêve. J’habite en Martinique. En été les touristes arrivent en masse pour se dorer au soleil ; les enfants s’amusent sur le sable chaud ou vont se rafraîchir. Notre maison n’était pas une grande demeure mais assez grande et spacieuse pour une famille de trois enfants. Il y a un an ou deux, j’avais pris la décision de déménager en Bretagne pour oublier le passé et recommencer une nouvelle vie, mais je n’ai pas eu le courage… c’est ici même que j’ai rencontré David et je ne voulais pas abandonner tout cela derrière moi.
Au fil des ans, je me suis habituée peu à peu à vivre seule, enfin plus tout à fait… j’ai fait dernièrement la rencontre d’un jeune avocat. Il est passionné de coquillages, il m’a déjà montré une partie de sa collection, moi qui pensais qu’ils se ressemblaient tous… j'ai été agréablement surprise qu’il en existe autant de différents.
Que la journée m’a semblé bien longue aujourd’hui au bureau, le patron n’arrêtait pas de demander les dossiers à traiter… Il est déjà 22.30, je ne devrais pas trop tarder parce que demain c’est reparti, surtout que Monsieur part en réunion : qui va encore tout se taper ?? La bonniche d’ Anne ! Enfin, bon, j’aime bien ce métier.
7.30… le réveil sonne… Me voilà prête pour une nouvelle journée… je prends ma douche et puis je vais travailler même si l’envie n’y est pas mais courage, encore trois jours et après le week-end !!! Tiens le facteur est passé et je ne l’ai même pas entendu. Une lettre de Angelo Cielo (mon ami)
"Chère Anne,  je te demande pardon si je ne t’ai pas donné de nouvelles, je suis en voyage d’affaires, je t’appelle à mon retour. J’espère que tout va pour le mieux pour toi, je suis impatient de te revoir j’ai des choses importantes à te dire… Très cordialement, Angelo".
Il n’a jamais été très bavard… ça m’étonne de lui d’ailleurs mais de quoi doit-il me parler ? Aurait-il fait une rencontre ? Ou encore trouvé de nouveaux coquillages ?
Voilà déjà une semaine écoulée, elle est passée si rapidement que je n’ai pas eu le temps de me reposer une seule seconde. Le téléphone sonne. Qui cela peut-il bien être à 21.30 ? Peut-être une erreur.
- Bonsoir
- Bonsoir Anne, c’est moi Angelo.
- Ah quelle surprise ! Comment vas-tu ? Es-tu rentré de ton voyage d’affaires ?
- Oui ce soir même, je voulais te fixer un rendez-vous si cela ne te dérange pas…
- Non du tout, quand ?
- Demain soir, rejoins-moi près de la colline où on s’est rencontrés.
- Ok, vers 18.30 comme d’habitude ?
- Oui, c’est pas grave j’espère…
- Non ne t’inquiète pas…
- A demain sans faute alors, bonne soirée.
Je suis tout de même curieuse de savoir ce qu’il a de si important à me dire, ce n’est pas son habitude de me laisser une surprise…
Me voilà enfin de retour du travail, je vais manger un morceau avant de me laver, parce que le temps passe plus vite que l’on pense parfois… Je ne sais pas quoi porter ce soir, il y a du vent, je vais peut-être porter ma veste noire.
Me voilà arrivée ; comme toujours, il est à l’avance…
- Bonsoir, merci d’être venue…
- Bonsoir, il n’y a pas de quoi ; alors, qu’est-ce qu’il y a de si important ?
- Suis-moi… je dois te dire quelque chose…
Je le suivis dans une confiance aveugle, il nous amenait vers une dune… l’eau de la mer s'étendait à perte de vue tout autour. Nous l’escaladons donc… Arrivé au somment, il me prit la main.
- Ferme les yeux et regarde vers le ciel…
- Je dois fermer les yeux et regarder le ciel maintenant… tu me sembles bien étrange dis-moi…
- Fais-le s’il te plait…
Je lui obéis sans riposter… j’ouvris les yeux après une minute pour savoir ce qu’il mijotait encore quand soudain une lumière blanche m’aveugla presque.
- Anne, je dois t’avouer quelque chose que j’aurais dû te dire depuis pas mal de temps…
- Qui êtes-vous ? Où est passé Angelo ?
- C’est moi, n’aie pas peur… je suis…
- Ne jouez pas avec moi, qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi ai-je l’impression de vous voir voler ?
- Ceci n’est pas une illusion… je suis un ange…
- Vous, un ange ? Prouvez-le moi !!! Puis ça n’existe pas les anges, je n’y crois plus depuis…
- Depuis que votre époux est décédé, vous avez renoncé à croire en nous…
- Comment savez-vous cela ? D’ailleurs comment pouvez-vous dire que j’ai perdu mon mari ? - Nous savons tout de vous… j’ai une surprise pour vous… fermez à nouveau les yeux
Ne comprenant pas du tout ce qui m’arrive, je lui obéis sans me poser de questions ; que pouvait-il m’arriver de bien pire ?
- Chéri comment vas-tu ?
- David ??
J’ouvris les yeux et c’est là que je sentis la présence de David, sa voix, ses bras autour de ma taille. J’ai l’impression de vivre un rêve.
- Comment, comment es-tu arrivé là ? Qui est cet homme qui t’accompagne ?
- Ne t’affole pas mon cœur, ce n’est que mon ami Angelo, il a veillé sur toi depuis mon départ… je ne pouvais pas revenir même si j’en avais eu le pouvoir… il était trop tôt. Je suis venu te dire qu’une nouvelle vie t’attend, ne baisse pas les bras, sache que quoi qu’il arrive, je serai toujours là pour toi.
- Je sais mais je suis encore attachée à toi, il m’est impossible de t’oublier.
- Ne t’inquiète pas on sera de nouveau ensemble un jour… il est temps que je parte maintenant. Je t’aime, ne l’oublie pas…
- Non, reviens, ne me laisse pas encore seule… quand vais-je pouvoir te revoir ?
- Bientôt… bientôt…
Je regarde alors le ciel azur perlé d’étoiles, je sens sur mon visage une larme couler qui vient s’écraser sur le sol… me voilà seule sur la plage éloignée de la dune et je pouvais apercevoir de loin la silhouette de deux anges qui n’étaient nuls autres que David et Angelo…
Je suis au lit, je ne parviens toujours pas à savoir si j’ai rêvé ou non… je trouve cela étrange, peut-être est-ce un rêve, demain je me réveillerai…
 
-Cinzia et Sabrina-, 4è A-, d'après la photo Les anges, Dolorès Marat
 

Les anges, je n’y ai jamais cru. Pour moi, ce n’était encore qu’une de ces légendes que les hommes avaient inventées pour se rassurer dans leur existence.  Jusqu’au jour où j’ai eu la preuve que ces messagers d’espoir existaient.
C’était en fin d’après-midi, je me promenais le long de la côte, profitant du calme quand soudain je les aperçus, tous les deux main dans la main, debout sur leur butte qui surplombait l’océan. Au début, je crus à une hallucination car toute ma vie avait été basée sur le réel et non sur je ne sais quels mythes ou légendes.  Mais en les observant plus intensément, je compris l’évidence même que les anges existaient.  Je regrettais de ne pas avoir mon appareil photo sur moi afin d’immortaliser cet instant magique.  Mon Dieu !  Et si jamais l’occasion ne se représentais plus jamais ?  Je rentrai donc chez moi avec un vide que je ne m’expliquais pas.  C’est alors que je pris la décision d’y retourner dès le lendemain afin de, non seulement les prendre en photo, mais aussi les observer pour comprendre la raison de leur étrange apparition.
Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit à cause de l’excitation qui régnait en moi, le genre d’excitation qui survient à l’approche d’un grand événement.  Vers treize heures, je me mis en route, je refis les mêmes pas le long de la côte et bien que le temps était gris et froid, il n’entamait en rien mon enthousiasme.  Après quelques minutes de marche, je me retrouvai de nouveau devant la butte qui surplombait l’océan.  Mais quelque chose manquait : mes deux anges.  La déception et la tristesse prirent vite la place de mon enthousiasme.  Mais une note d’espoir persistait et je m’installai donc dans l’attente de leur venue.  Vers dix-sept heures, un phénomène étrange attira mon attention : une allée de lumière se frayait un chemin à travers le gris du ciel.  Je compris quelques minutes plus tard que cette allée m’annonçait la venue de mes anges.  Très vite une chaleur m’envahit.  Ils étaient encore plus beaux que la veille. Bien qu’ils me tournaient le dos, ils dégageaient « la » beauté qui ne se trouve nulle part ailleurs.
Je pris mon matériel de photographe avec soin et j’entrepris de l’installer à un endroit bien précis de façon à pouvoir les capturer.  Une fois l’endroit choisi, il ne me restait plus qu’à faire appel à mon professionnalisme.  Après avoir actionné le déclencheur, je vis le flash caresser les deux êtres qui me fascinaient depuis deux jours et c’est alors que je compris qu’il ne fallait pas avoir peur de partir vers cet ailleurs dont ils étaient les gardiens, car des êtres aussi parfaits ne peuvent pas détenir les clés de l’enfer.  Puis tout devint flou et seules quelques bribes de paroles parvinrent à mon oreille.  La voix était douce et bienveillante.  Cette voix me disait que l’espoir du monde résidait en nos rêves et que nos larmes sont le début de l’océan de notre vie.  Après ces dernières paroles, la voix s’estompa avant de disparaître complètement.  J'entrouvris lentement les yeux mais je ne reconnus pas tout de suite l’endroit où je me trouvais. Puis je sentis le froid sur ma peau et la morsure du vent. En réalité je m’étais endormie sur le bord de la côte…et tout n’était qu’un rêve.  J’entrepris fébrilement de me relever et je rentrai chez moi encore plus vide et plus perdue qu’au début de mon rêve.
Trois jours plus tard, j’étais enfermée dans mon labo quand une photo m’interpella. C’était la côte, ou plus précisément la butte qui surplombait l’océan, et sur cette même butte mes deux anges, debout main dans la main…
 
-Camélia, 4è B-, d'après la photo Les anges, Dolorès Marat

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Commentaires

Superbe Laurie franchement moi j'adore ton texte Lauire je comprends po pk t'as po été prise pour le concours c trop bo !!!!!

Écrit par : Flo | 15/05/2005

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