26/02/2005

Ecrire l'histoire d'une photo

Tout a commencé le mercredi 8 janvier, jour J-1 avant mon anniversaire. Le bruit strident du réveil m’a tirée du sommeil. Après un passage obligatoire à la toilette, je me suis dirigée vers la boîte aux lettres et comme d’habitude, une multitude de factures m’y attendaient : l’électricité, j’avais 4 mois de retard sans oublier les intérêts; la régie des eaux, 180 euros à payer. Dans le tas, une enveloppe a attiré mon attention. Après l’avoir inspectée sous toutes les coutures, j’ai décidé de l’ouvrir, j’ai donc décacheté l’enveloppe avec délicatesse pour ne pas abîmer son contenu. A ma grande surprise, elle renfermait juste un bout de papier froissé et tout déchiré. J’ai pu y lire "dm1, 18H30, rue des coquelicots, 4 à Paris. Prends ton appareil photo". Il n’y avait pas de signature. Je restais perplexe : qui m’avait envoyé ça ? J’ai d’abord cru à un plaisantin. Subitement, une vague de panique s’est emparée de moi. Tout s’est embrouillé dans ma tête ; et si c’était l’œuvre d’un pervers, un de ces tarés, qui avait trouvé mon adresse en feuilletant l’annuaire et qui par le plus grand des hasards était tombé sur MOI, qui m’avait donné rendez-vous pour me violer, voire me tuer. Après quelques minutes, tout est devenu plus clair et j’ai pensé que c’était probablement une surprise de Joëlle, ma meilleure amie, pour mes 34 ans. Elle avait sûrement organisé une fête grandiose. Il n’était pas question de rater ça !
Jeudi 9 janvier, après une bonne nuit de sommeil, je pensais encore aux événements de la veille. Mon réveil indiquait 8H48, c’était sûr, j’allais encore être en retard au bureau. Je travaillais au journal La Dernière Heure en tant que journaliste. En ce moment, le rédacteur m’avait confié trois sujets d’article : la violence à l’école, la misère dans nos rues et les tenues tendance de cet été. Je me suis précipitée vers la salle de bain quand tout à coup le téléphone sonna, c’était maman, elle téléphonait pour me souhaiter un joyeux anniversaire. J’ai enfilé les premiers habits qui traînaient ; même si mon petit haut vert ne s’accordait pas vraiment avec la jupe marron que je portais, j’étais présentable.
Au bureau, Valérie, ma collègue de bureau m’a bien sûr signalé qu’il était 10H30 et que j’étais comme toujours en retard.  Je ne l’aime vraiment pas, je déteste les petits airs qu’elle prend pour me parler.  Sa situation ?  Elle est divorcée.  La plupart du temps, elle se lamente sans cesse sur son sort ; son mari est parti avec une "pin-up bien roulée" qui ne s’intéresse qu’au fric.  Il l’a laissée seule avec leurs trois enfants. Au travail, elle aime jouer le rôle du petit chef tyrannique.  Je travaille également avec Sylvain ; lui, malgré son attitude bizarre, est toujours sympa avec moi.  Le plus bizarre chez lui, c’est sa façon de s’habiller : aujourd’hui, il a une chemise à carreaux en flanelle rouge et un pantalon en velours vert sans oublier ses fétiches bretelles, il les porte tout le temps. Il a plus ou moins la trentaine, vit encore chez ses parents. Il s’occupe au journal des faits divers.
Je décide enfin de me mettre au travail et commence à écrire quelques lignes sur mon article, mais j’étais trop surexcitée à l’idée d’aller à la fête de Joëlle. Quand ma journée a été terminée, j’ai filé chez moi pour me laver et me changer ; même si personne n’avait émis de remarques sur ma tenue vestimentaire, je savais bien que ça n’allait pas !  Une fois à la maison, il était 17H30, j’ai choisi la plus belle de mes robes, je l’ai vite enfilée, elle faisait vraiment élégant. Passons au maquillage, une petit touche de ricil.  J’ai appelé un taxi. Il sera là dans deux minutes. Voilà, maintenant 15 minutes que j’attends ce maudit taxi. Je viens de rappeler la compagnie de taxi qui m’affirme avoir envoyé une de ses voitures. J’ai décidé de laisser tomber le taxi et de partir à pied, sinon j’allais être en retard. Munie de gants, d’un bonnet et d’un gros manteau fourré, j’ai donc décidé d’aller affronter le froid.  
Je n’étais pas très rassurée dans le noir, les rues étaient désertes. Les lampadaires n’éclairaient pas très fort et les voitures, à cause du gel, prenaient une teinte blanchâtre. La rue des Coquelicots était un quartier mal fréquenté de Paris. De plus, les trois quarts des faits divers que racontait Sylvain dans le journal étaient issus de cette région. Ce n’était pas très rassurant.
Ca y est, j’y étais, 4 rue des Coquelicots. Devant moi se dressait un immeuble blanc, un de ces vieux immeubles désaffectés qui servaient autrefois de hangars pour stocker les Chevrolet que l’usine Herbert Lafond fabriquait. Elle aussi est depuis lors tombée en ruine, depuis le décès de son fondateur : Herbert Lafond. L’entreprise était très connue dans la région. Sur la façade, on pouvait encore lire :"HERBERT LAFOND Fabrique de Chevrolet depuis 1916". Joëlle avait vraiment bien trouvé l’endroit, au moins il n’y aurait pas de problèmes avec les voisins, puisqu’il n’y en a pas. 
J’ai poussé la porte qui s’est ouverte sans difficulté. Mon appareil en main, j’étais prête à immortaliser l’instant, j’avais le doigt sur le déclencheur, j’étais persuadée qu’ils allaient surgir à un moment donné. A l’intérieur, il y avait un grand sas qui donnait sur une immense pièce qui servait sûrement d’atelier. Dans le bâtiment, il n’y avait pas de lumière ni de chauffage, c’était vraiment lugubre. Il y avait à gauche un escalier. J’ai décidé d’aller jeter un petit coup d’œil en haut. A l’étage, il y avait un hall avec une petite fenêtre de laquelle on pouvait voir le toit des maisons voisines et les voitures stationnées dans la rue. Il y avait aussi un long couloir qui aboutissait à une porte. Le trou de la serrure laissait passer un faisceau de lumière. C’était sûr, Joëlle n’avait sûrement pas organisé de fête en mon honneur. Je ne sais de qui était ce rendez-vous, mais je n’allais pas tarder à le savoir. C’était plus fort que moi, ma curiosité me poussait à aller voir derrière cette porte. D’un pas décidé, je marchai dans sa direction. La main sur la poignée d’un coup bref, je l’ouvris. Et là dans la pénombre de la nuit, malgré les velux qui permettaient à la lumière des lampadaires d’entrer dans la pièce, je vis un jeune garçon assis contre un mur. Il était recroquevillé sur lui-même, il avait vraiment l’air malheureux. Il avait une bière à côté de lui, il reflétait la misère. En répétant ce mot «MISERE » , j’ai repensé à l’article que je devais écrire sur la misère dans nos rues. Et d’un seul coup, mon doigt a immortalisé la scène. Le jeune garçon ne portait même pas de chaussures. Sans même le connaître, je me suis assise à côté de lui. Peu à peu, on a parlé. On s’est raconté nos vies, on a ri, on a pleuré, … Il se réfugie souvent ici car son père boit beaucoup et quand il boit trop, il devient violent. Après je lui ai proposé d’aller boire un chocolat chaud et il a accepté. Et pour ne pas le faire dormir sous les ponts, je lui ai proposé mon canapé. Depuis lors, il vit chez moi. Deux questions me hantent toujours: qui m’a envoyé ce petit bout de papier, qui a transformé ma vie ? quelle est la personne que je dois remercier du fond du cœur ?Peut-être le destin, qui sait…
 
-Anne-Céline, 4è B- d'après la photo La mauvaise adresse, Dolorès Marat
 
 
Je m’en souviens encore, j’avais 20ans et j’étais journaliste. Lors d’un reportage sur "les jeunes dans la rue", je me baladais dans les rues de New-York pendant la nuit. Je voulais trouver une personne qui corresponde au sujet que je voulais diffuser. J’ai trouvé, dans un squat, un homme qui « comatait ». Je l’ai photographié et, ébloui par le flash, il m’a regardé. Il était étonné et c’est là que je t’ai reconnu.
Je te connaissais depuis mon enfance. On s’était perdu de vue après notre adolescence mais je t’ai retrouvé là, au milieu du mois de mars, ton regard perdu dans tes pensées en raison de l’alcool, drogue…On a pris un café dans un bar vers une heure du matin, tu m’as raconté tes expériences, ta vie, tes émotions. Tu ne buvais pas. Tu m’as expliqué ton parcours, tes aventures, tes erreurs, les mauvaises personnes que tu connaissais, les mauvaises adresses où tu allais de temps en temps. Je te voyais fatigué et la nuit allait faire place à l’aurore. Tes habits étaient sales. Tu m’as confié que ça faisait des mois que tu ne dormais plus chez toi mais dans des squats ou dans la rue, "là où il y a de la place". Tu m’as décrit la misère des rues et des gens qui essaient de survivre dans des endroits où règnent la violence et la drogue. Tu n’avais plus de force et tes yeux se fermaient de plus en plus longtemps lorsque tu clignais des paupières. Je t’ai proposé de dormir quelque temps chez moi, à l’hôtel où je n’étais que de passage. Ce n’était pas luxueux mais chaud et protégé. Je ne devais repartir pour Los Angeles que dans un mois pour mon reportage.
1er jour. Tu as dormi jusque la fin d’après midi. Tu étais gêné mais avais meilleure mine. Tu as pris un bain et une dose. J’en avais déjà pris et je connaissais la sensation que ça procurait ; tu me semblais calme, apaisé et détendu. Tu as souri même. On a passé la journée ensemble et au fil des heures, je commençais à te reconnaître, ton humour et ton sourire n’avaient pas changé. Ca me rassurait de voir que malgré tout, je te connaissais. Tu as repris des pilules. Heureux tu étais. Je voulais que tu t’en sortes et je pense qu’au fond de toi, toi aussi voulais partir de cette ville, ne plus être dépendant et avoir une vie équilibrée. Je crois que te raconter ma vie te donnait de l’espoir et l’envie de te battre contre toi-même. Je ne voulais plus te voir dans l’état où je t’ai vu pour mon reportage. Je voulais que tu te promettes des choses à toi-même, et non sans illusions et sans avenir.
2ème jour. Tu as dormi toute la journée et je m’en souviens, j’en avais profité pour noter les idées confuses qui me venaient en vrac dans la tête. J’avais ce reportage vraiment à cœur depuis que je t’ai reconnu. Savoir que n’importe qui pouvait tomber dans la détresse et la pauvreté m’inquiétait. Je voulais dire à tout le monde de faire attention. La vie est si courte. 3ème jour. Tu t’étais levé très tôt ou tu n’étais pas venu dormir à l’hôtel. Tu n’étais pas là, tes affaires non plus. Je me suis inquiétée de ton absence vers la fin de la journée. Je me rappelle être retournée dans le squat où je tu avais vu mais tu n’y étais pas. Pendant une partie de la nuit, je t’ai cherché. 2 jours sans nouvelles.
Au bout du 3ème jour sans appel, je m’étais convaincue que tu étais parti parce que tu en avais marre de moi, que tu voulais retrouver ta vie, qu’il ne t’était rien arrivé. Mais je voulais te retrouver pour "être sûre". Et je t’ai retrouvé en effet. Sans vie. Couché à terre. "Overdose" m’ont affirmé les gens près de toi. Ils sont partis lorsque je me suis agenouillée à côté de toi, en fouillant presque. Les gens ont peur de la mort, ils la fuient. Overdose… c’est sûr, mais de quoi ? De drogue, c’est ce que tu as voulu faire croire. Je sais ce que c’est, je suis pas folle. Mais je pense qu’au fond de toi, tu as fait overdose de ta vie. La façon que tu avais de me raconter ta vie ne me laissait pas croire autre chose. Tu voulais la fuir cette vie. Tu as réussi, tu as retrouvé les étoiles.
Après ta mort je suis quand même retournée à Los Angeles, non sans mal, mais je voulais faire ce reportage pour toi. J’aime penser que tu es mort volontairement, que ton départ était voulu et non que c’était une erreur de calcul, de dosage. Eh bien ces deux semaines m’auront appris que nous sommes de passage et qu’il faut en profiter du mieux que l’on peut et à sa manière. Un mois plus tard, mon reportage est sorti dans les journaux. Ta photo était là et j’y avais décrit tout ce que tu m’as raconté et tout ce que j’ai vu ; de la détresse dans tes yeux et ceux des autres jusqu’à la volonté de s’en sortir même si quelquefois, c’est trop tard. On pouvait voir en petits imprimés : "Je remercie Théo qui, depuis fin mars, n’est plus de ce monde et a rejoint les étoiles. Sans lui et sans son témoignage, ce reportage n’aurait pas été le même. Merci à toi Théo".  J’espère avoir touché le monde, comme celui où vivait Théo, afin que leurs amis ne soient pas obligés de leur écrire, à leur tour, une lettre d’adieu.Voilà je t’ai tout dit. Ou plutôt tout écrit de notre dernière rencontre.
Je suis là maintenant devant ta tombe. Je dépose ma lettre contre un pot de fleurs à côté de ta photo. Lis-la ; j’espère qu’elle te touchera. J’avais besoin de t’écrire pour la dernière fois pour que tu saches que tu seras, à jamais, dans mon cœur. Je garde la seule photo que j’ai eue de toi. Je t’embrasse. Ton amie d’enfance.
 
-Céline, 4è B- à partir de la photo La mauvaise adresse, Dolorès Marat

Je le connaissais, je le connaissais très bien ! C'était la personne la plus importante à mes yeux. Celui avec qui je courais, je chantais, je dansais... entre lui et moi, il n'y avait pas besoin de beaucoup de dialogue pour se comprendre... il suffisait de se regarder dans les yeux pour atteindre les pensées de l'autre...
On adorait la nature, surtout lui. Il disait souvent que la plus jolie chose qu'il puisse y avoir sur terre, c'etait l'herbe car l'herbe est innocente, elle n'est victime de rien, elle est pure. Du coup, à chaque occasion, nous en profitions pour ne pas la laisser seule. On s'y installait des heures et des heures, on se racontait notre journée, on se rappelait aussi nos souvenirs d'enfance.
Le plus important pour nous deux, c'était d'être le plus longtemps ensemble ; parfois on se parlait tellement qu'on se retrouvait à la belle étoile sans s'en apercevoir. Je savais qu'il avait de très gros ennuis, qu'il faisait de grosses bêtises mais quand je le voyais, c'était comme s'il n'avait jamais rien fait de mal. C'est d'ailleurs pour cela que j'avais du mal à lui parler sérieusement de ses conneries.
Un jour, il est venu chez moi, nous avons parlé... et tout à coup, il m'a dit qu'il allait se marier !!! Ca m'a fait un choc. Mes larmes voulaient sortir le plus vite possible, elles n'en pouvaient plus. Cela voulait dire que je devrais accepter sa femme, ses gosses ? Je n'en croyais pas mes oreilles. Tout cela était impossible. Pourquoi ça tombait sur lui, pourquoi ? D'un côté, j'ai pensé que si ça le rendait heureux, pourquoi pas ?  A la limite, s'il aimait vraiment sa future femme, peut-être qu'elle pourrait l'aider. C'est du moins tout ce que j'espérais.
Au fur et à mesure des jours, des mois, des années... je me suis rendu compte que ce n'était plus la même personne qui me faisait rire, qui me donnait du bonheur, tout cela maintenant c'était fini.
Moi qui pensais l'avoir aidé, je lui faisais confiance, je lui ai proposé plein de fois de l'aider, mais tout cela n'a servi à rien, strictement à rien.
Il commençait à faire sa vie et moi la mienne. Il pensait remplir sa vie de bonheur.  Après des mois et des années sans nouvelles, j'ai enfin compris qu'il était temps de ne plus me faire de souci. J'étais complètement sans nouvelles.
A quoi cela me servait-il de remplir mon coeur de larmes si personne ne pouvait le savoir ?C'était décidé, j'essayais de l'oublier... jusqu'au jour où j'ai vu sa photo qui se trouvait dans la gazette avec la légende suivante : La mauvaise adresse.
C'était marqué dans le télézoonen : on y expliquait que les SDF étaient de plus en plus nombreux à envahir nos rues. J'ai ressenti comme une bulle d'air dans l'estomac qui appelait à l'aide pour en sortir, mes larmes perlèrent, aussi grosses que le jour où il m'avait annoncé son futur mariage.
J'ai revu toutes les images passées ensemble qui défilaient dans ma tête en un quart de seconde. J'étais paniquée, je m'en voulais, même si je ne devais pas.
Moi qui le voyais avec plein d'enthousiasme, plein d'entrain, j'aurais pensé qu'il se sortirait de toutes ses emmerdes. C'est grâce à ce journal que j'ai eu de ses nouvelles. C'est là-dedans que j'ai appris aussi qu'il sombrait dans l'alcool et la drogue nuit et jour et que son seul chez soi, c'était le parking sur la photo où il mendiait.
J'avais besoin de l'écrire pour me libérer de tout ce chagrin qui m'a poursuivie depuis plusieurs années.
Maintenant, tout ce que je peux en dire, c'est qu'il n'aura jamais fini ses conneries. Il restera toujours comme un adolescent qui cherche à se faire voir et entendre en faisant des idioties !
 
-Laëtitia, 4è B-, d'après la photo La mauvaise adresse, Dolorès Marat
 

Le voyez-vous, ce jeune homme ? Il se nomme Nicolas Livida. Voilà 17 ans que ses parents lui ont donné la vie puis abandonné. n Il a une histoire, une histoire bien à lui que je me ferai une joie de vous raconter mais tout d’abord, laissez-moi me présenter !  Mon nom est Chloé Taram, photographe à mes heures perdues. J’ai rencontré ce jeune homme, adossé au mur, une bouteille posée à côté de lui. Quand je suis passée près de lui, j’ai ressenti une tristesse, un profond désarroi qui s’échappait de lui, un tel désarroi que je n’ai pu qu’immortaliser l’instant, l’instant de détresse, la détresse de 17 années. Je me suis assise à côté de lui, comme poussée par une force invisible qui me disait tout bas : « Parle-lui, il a des choses à t’apprendre ». Alors, je me suis assise et lui ai parlé. Il m’a donc raconté son histoire…Nicolas est né le 17 septembre 1987. C’est un mois plus tard qu’il est abandonné et trouvé devant la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Il n’avait que quelques vêtements et un petit papier sur lequel on pouvait lire son prénom, sa date de naissance et le nom d’un hôpital : « Les Capucines ». Il a été placé, tout petit, dans le foyer d’un couple qui n’arrivait pas à avoir d’enfant. Dès que M et Mme Livida virent ce petit être seul, sans défense, ils décidèrent de faire toutes les démarches nécessaires pour que cet enfant devienne le leur. Deux mois plus tard, le petit Nicolas avait une famille et un nom.
Dix-sept années s’écoulèrent sans que Nicolas ne se doute de quelque chose. Lorsque son 17ème anniversaire arriva, les Livida décidèrent de tout lui raconter. Quelques jours après, Nicolas partait à la recherche de ses parents biologiques. Il avait des milliers de questions à leur poser : « Pourquoi avoir attendu un mois avant de l’abandonner ?  Pourquoi l’avoir abandonné ? »  Il se rendit dans les hôpitaux, les communes à la recherche d’une trace, de quelque chose qui lui permettrait de poursuivre ses recherches. En vain… Personne ne connaissait l’hôpital « Les Capucines ». Au moment où il commençait à perdre espoir, il apprit que l’hôpital « Les Capucines » se trouvait à St Tropez. Nicolas n’hésita pas un instant, il prit le train pour St-Tropez. Arrivé là-bas, il loua une chambre et attendit quelques jours avant de commencer ses recherches. Il prit alors son courage à deux mains et se rendit à l’hôpital.Là, il n’apprit rien de plus qu’à son arrivée. Le médecin lui promit pourtant de chercher. C’est alors qu’au moment où il s’apprêtait à sortir qu’une vieille infirmière l’appela et lui demanda :
- Tu es né en 1987 ? 
- Oui  répondit Nicolas.
- Le 17 ? lui demanda-t-elle, insistante.
- Oui !! Mais comment le savez-vous ? la questionna-t-il.
- Je me souviens de toi ! Comment aurais-je pu oublier ? J’étais de garde ce soir-là ! Mais viens donc, allons boire un verre, je vais te raconter.
La vieille infirmière l’emmena au café de la plage et lui raconta :
- Ce jour-là, le 17 septembre 1987, je travaillais. Le docteur n’était pas là et une jeune fille, de 18 ans à peine, arriva. Elle était accompagnée de son père. Elle s’appelait Célia Fidja et était sur le point d’accoucher. C’était la première fois que je mettais un enfant au monde, je n’aurais pu oublier. Ta mère t’a mis au monde à 11h17, je n’oublierai jamais cet instant. Quelques jours plus tard, ta mère sortit de l’hôpital avec toi. Ce que je n’ai jamais compris, c’est que ton dossier ait disparu. Je ne sais rien de plus, je n’ai jamais plus eu de ses nouvelles. 
- Merci beaucoup, lui dit Nicolas.
Il rentra alors chez lui. Quelques jours plus tard, il se rendit à la commune de St-Tropez et rechercha Célia Fidja. Il trouva son adresse : 3 rue de la Plage. Nicolas attendit une semaine avant de se décider et de s’y rendre. Qu’allait-il lui dire ? Il avait peur et doutait.  Malheureusement, quand il arriva, la maison venait d’être vidée. Célia venait de déménager ou peut-être était-ce une mauvaise adresse !!!

-Aurélie, 4è B- d'après la photo La mauvaise adresse, Dolorès Marat

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Commentaires

kikou ouhais mcéline c vrémen un bon texte....ca parai etre un texte réel, c'est vraiment bon!

Écrit par : Max Rouls | 02/03/2005

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