27/02/2005

Ecrire l'histoire d'une photo

Je marche dans un long couloir du métro de Londres.  Je revenais d’un congrès de photographes qui avait lieu dans la ville.  Il est tard, je porte un sac à dos avec tout mon matériel de photographie à l’intérieur. Personne à l’horizon, je me retourne, personne derrière moi non plus. Je ne trouve que ce long couloir qui mène si loin et nulle part à la fois, propice à faire une photo.  Rien qu’une mais une photo quand même.  Ce chemin tout tracé devant nous. Il n’y a que trois solutions : s’arrêter, faire demi-tour ou aller en avant.  Trois solutions et pourtant on a l’impression de ne pas avoir le choix, avancer dans le tunnel pour peut-être trouver la sortie comme si c’était un labyrinthe, tant d’idées dans l’esprit. Finalement, je m’arrête, je sors mon pied, l’appareil photo.  Je le mets bien au centre de ce tunnel aux deux tiers rond. Et en un clic, j’immortalise à jamais une image où la seule solution est d’avancer en regardant au loin.  Je ne sais pas ce que penseront les personnes qui regarderont ma photo, mais moi je l’apprécie. Cette photo montre que dans la vie, il faut regarder au loin, comme la photo ; si on regarde ses pieds, on ne va nulle part. Moi, quand je vois la photo, je regarde au loin.  Pensez : mais qu’est-ce qu’il peut bien y avoir dans la partie cachée ?  C’est une photo comme ça que j’aime, une photo où l’on peut rester longtemps plongé, absorbé. Je regarde une dernière fois au loin parce que le gardien du métro me dit que c’est l’heure de fermer, je range mes affaires délicatement dans le sac. Je remets mon sac, j’avance encore et toujours vers la sortie, l’esprit toujours songeur.  Il y a des photos comme ça, différentes des autres et pourtant, c’est une scène de la vie quotidienne, banale. J’avance. Je vois enfin la lune, je suis à la sortie du tunnel. Je monte les marches, je me retourne et je dis au revoir au gardien du métro, mais toujours l’esprit ailleurs, quelque part dans ma photo.  Ce n’est ni une photo heureuse, ni une photo malheureuse, il ne se passe rien, on regarde au loin et …  Un chien aboie et me sort de mon imaginaire photographique, je vois un banc éclairé par l’éclairage public, j’enlève mon sac à dos, je sors mon pied, … mais ceci est une autre histoire ou plutôt une autre photo. Mon esprit est ailleurs, mais le vôtre peut toujours se perdre dans ma photo. Histoire courte et banale … mais pleine de réflexion...
 
-Arnaud, 4è A- d'après Le métro de Londres, Dolorès Marat

Ce métro vide, sans vie, pourrait-on l’appeler le couloir de la mort ? C’est comme si on rentrait dans un corps, le corps de Londres.
Bizarre ce couloir tout propre, calme alors que son souvenir n’est pas si net. Tiens, aucune trace à terre, aucun tag sur les murs, aucun …  Vite une photo avant… 
Rembobinons, visionnons cette cassette comme une cassette de souvenirs de vacances.
Des hommes, femmes qui courent, marchent, parlent.  D’une main, ils tiennent cette petite pochette fermée pour les uns, et un attaché-case pour d’autres, suivant leur préférence mais de l’autre main, invariablement, ils ont tous leur G.S.M, ce maudit G.S.M.
Vêtus de couleurs sombres, ils tirent une de ces têtes, on a envie de les frapper.  Leurs visages sont blancs, malades, malheureux, angoissés, stressés en permanence.
Passons …
Qui sont ces jeunes gens ? Que veulent-ils ? 
J’ai tellement l’habitude de voir des personnes pressées que je ne comprends pas pourquoi eux ne s’inquiètent de rien… on dirait qu’ils attendent quelque chose !  Ils ont de drôles de têtes… décidément, je ne suis vraiment pas habituée, de plus, certains d’entre eux portent une capuche mais pourquoi ? Il fait sombre…
Ah! enfin, lui, il est comme les autres, ceux qui sont toujours en vadrouille, qui avancent mais ne regardent jamais en arrière.
Il longe le mur sans s’arrêter en regardant par terre comme un enfant que l’on gronde parce qu’il a fait une bêtise.
Les jeunes gens l’observent avec un sourire narquois et sadique qui en dit long.  Ils se font des petits clins d’œil entre eux comme pour donner un signal.  Ils sont en cercle.
Boum, ils bondissent tous sur cet homme comme les autres qui ne faisait que passer pour prendre son métro, celui qui n’a rien demandé, qui avance mais ne regarde jamais en arrière. Coups, blessures, sang, déchirure, violence, sadisme, voilà les mots qui décrivent au mieux ce que ces jeunes font à cet homme qui pourrait être leur père. Horreur, répugnance, culpabilité, souffrance, voici les mots qui expriment ce que je ressens, ce que je vois et qui me met hors de moi.  Ils s’en vont et le laissent là, se vidant de son sang.
Seigneur, que j’aimerais être un homme pour l’aider, que j’aimerais être un homme pour pouvoir crier, pour pouvoir appeler de l’aide … Et quel spectacle, tout ce sang sur les murs tel un tableau désolant… 
Et puis, …  Un nouveau jour se lève sur ce monde infernal !  Tiens, le métro est vide, c’est bien la première fois.  A mon avis c’est à cause de l’histoire de l’homme comme les autres. Ah ! A ce propos, ils ont tout nettoyé, tout, à part les souvenirs. 
Voilà, maintenant la cassette est remise à l’endroit précis où j’ai commencé à la rembobiner. Vite une photo avant… avant la fin, la fin de mon histoire mais le début de l’horreur et de la quiétude, enfin je pense.
Les revoilà, moi qui croyais qu’ils auraient peur de ce qui pourrait leur arriver, comme à l’autre, mais non, ils ne se soucient plus du passé et ils ne se soucient même pas de l’avenir ! Seul compte le moment présent.  A croire que rien ne s’est passé, ce n’était juste qu’un mauvais rêve.
Pourtant, juste devant moi, une personne lit le journal mais pas celui d’aujourd’hui.  Alors, je zoome sur ces archives.  Gros titre : LE CRIME DU METRO.  Je zoome à nouveau sur la photo… c’est la mienne… mais ne le répétez pas…
 
-Florence, 4è A- d'après Le métro de Londres, Dolorès Marat

15:04 Écrit par trace | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

flooo personnelement ce texte je le trouve tros joli! j aime trop!lol
Ce texte n est qu a ton egal flo!lol
pizoooo et merci pour cette année trop forte!

Écrit par : gael 4B | 22/06/2005

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