29/05/2005

Vision funeste

Une journée habituelle dans le quartier de Manhattan. J’essaie de vivre au quotidien dans cette ville ou je suis né voici cinquante-neuf ans. Je me suis réveillé à six heures pour rejoindre mon bureau en centre ville, ma femme dormait à mes côtés. En me levant, je ne pensais qu’à ma prochaine retraite… Je déjeunai et me lavai… Une fois habillé avec soin, je préparai des sandwiches au jambon-fromage que je mis dans ma mallette porte-documents, sans oublier ma bouteille de Sprite.
Dans le métro, il n’y avait pas grand bruit, sûrement en raison de l’heure. Assis à côté d’une femme d’environ une quarantaine d’années, j’ouvris ma mallette et pris un magazine financier pour tuer le temps. Quand le métro ouvrit ses portes, la météo était pluvieuse, des bouches d’égout fumaient, comme dans les films.
Arrivé au bureau, je m’assis dans le sofa, préparai le percolateur pour y faire du café. Dans le calme, je m’assoupissais. La sonnerie du téléphone me fit sursauter. Je pris le cornet et, par habitude, me présentai et demandai l’objet de l’appel. C’était ma femme, elle avait un rendez-vous à San Francisco le surlendemain et elle décidait de partir cet après-midi, je ne pourrais donc plus la voir avant la semaine prochaine.
Le lendemain soir, j’avais un souper avec un de mes clients ; nous allions au restaurant chinois. Après le repas, un des serveurs nous apporta un gâteau avec un papier prédisant l’avenir. Il était inscrit sur le mien "malchance".
Le matin, je décidai de prendre des nouvelles de ma femme. Après avoir essayé plusieurs fois, je raccrochai en me disant qu’elle était sûrement occupée et je décidai de la rappeler plus tard.
Dans l’après-midi, je reçus un coup de téléphone de l’hôpital San Andréas à San Francisco m’annonçant la mort de ma femme. Elle avait été retrouvée inanimée dans la rue, les médecins n’ont pas pu trouver les causes du décès. Je ne sus quoi répondre suite à ces paroles. Ma vie n’avait désormais plus aucun sens. Peu de temps après, j’informai mes filles de cette terrible nouvelle.
Le jour où ma femme avait prévu de rentrer de son voyage, j’entendis quelqu’un frapper à la porte, elle se tenait là, comme si ce que j’avais vécu n’était qu’un terrible cauchemar.Elle m’expliqua en détail tout ce qui s’était passé, son accident de voiture… Je ne savais plus qui croire, l’ambulancier ou ma propre femme?
Durant les deux jours suivants, je ne suis pas allé au travail, j’avais décidé de m’occuper de ma femme. Mais le troisième jour, mon voisin, qui était entre autres mon meilleur ami, me rendit visite. Quand il entra, il ne fit pas attention à ma femme, me fit la bise et alla directement s’asseoir dans la salle à manger. Je m’assis à coté et demandai à Ingrid de nous servir quelque chose à boire. Suite à cela, Murphy, mon voisin, fit une remarque sur mon comportement anormal. Je ne compris pas pourquoi il m’affirmait que je parlais avec une chaise. Après cela, il me dit qu’il n’y avait personne dans la pièce à part nous deux. C’est à ce moment-là que je me rendis à la cuisine essayant de comprendre la situation, je ne vis personne hormis deux verres de vins…Je pris maintenant conscience que ma femme était bel et bien morte et que ma vie serait à jamais chamboulée...
 
Nouvelle écrite par Thomas, Tyrone et Vincent, 5è K

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Les oiseaux de l'apocalypse

Je me révaillai dans la torpeur de l’été. Le soleil illuminait ma cabane. Bien qu’elle soit entourée d’innombrables sapins, il y régnait une chaleur infernale. Midi sonnait à mon vieux coucou. J’avais faim, très faim car la tartine de pain sec de ce matin ne m’avait pas rassasié. Mon garde-manger était vide mais heureseument la forêt m’offrirait certainement quelques victuailles. C’est ainsi que je partis dans les bois avec mon fidèle cannif et mon vieux fusil. J’étais bien décidé à trouver à manger même si pour cela, je devais passer la journée à chercher.  J’avais aussi pris soin d’emmener avec moi une bonne bouteille de vin rouge. L’alcool… Mon vieux démon… C’est sans doute pour cela que ma femme m’a quitté.
J’ai marché des kilomètres des heures durant et je n’ai rien trouvé. La nature m’était donc devenue si hostile qu’elle refusait de me nourrir ?  Je ne vis aucun cerf, sanglier ou renard comme à mon habitude mais j’aperçus beaucoup d’oiseaux que j’observais le temps d’une halte. Ils me paraissent plus agités que d’habitude. Ce n’était peut-être qu’une impression car mes jambes devenaient lasses et mon corps engourdi. J’avais déjà bu la moitié de ma bouteille et j’en ressentais l’effet.  Je fus soudain attiré par un magnifique oiseau perché sur la plus haute branche du chêne centenaire contre lequel j’avais l’habitude de m’assoupir après une longue marche. Après l’avoir longuement admiré, je remarquai quelques champignons sauvages au pied de l’arbre. Je ne les connaissais pas mais j’avais tellement faim que je m’abaissai pour les cueillir. En me relevant, je fus étonné de voir, sur le tronc énorme de l’arbre, un endroit où l’écorce avait été enlevé. En regardant de plus près, j’observais une inscription gravée dans le bois : « Les oiseaux de l’apocalypse n’aiment pas être observés lorsqu’ils réfléchissent à leurs desseins».  Je trouvai cette phrase énigmatique et me dis qu’elle devait être l’oeuvre d’un aliéné échappé de l’asile situé de l’autre côté de l’immense bois.  Je décidai de faire demi-tour et de rentrer préparer mes champignons.
Le chemin du retour me parut plus long que d’habitude. Je crus même à plusieurs reprises m’être trompé de chemin. Je rencontrai seulement un groupe de promeneurs, fréquents en cette splendide saison, sur un chemin très sombre bordé de sapins. Le plus âgé d’entre eux vint vers moi, l’air affolé, et se mit à parler un langage que je ne connaissais guère. Quand il remarqua mon visage impassible, il ôta sa casquette et me désigna du doigt un petit trou béant ensanglanté sur son crâne chauve. Il vit alors mon inquiétude mêlée d’étonnement et me désigna le ciel en repoussant des cris affreux.  A la vue de ce spectacle, je bousculai l’homme et me mis à courir droit devant moi pendant plusieurs centaines de mètres. Après m’être retourné pour m’assurer qu’il ne me suivait pas, je m’arrêtai, haletant.  Malgré mes 52 ans et mon embonpoint, je n’ai rien perdu de ma condition physique d’autrefois.  J’essayai d’oublier cet événement et me remis à marche, le coeur claquant dans ma poitrine. Je m’étais tellement dépêché de fuir que j’avais laissé tomber mon maigre festin. Tant pis pour moi, je pensais maintenant plus à retourner chez moi qu’à mon estomac qui se priverait encore bien aujourd’hui.
Arrivé à l’orée d’un bosquet où coule un petit ruisseau, j’assistai encore à une magnifique scène de la nature. J’observai en effet un superbe oiseau au plumage d’or qui, perché sur une branche qui effleurait presque l’eau, était occupé à s’abreuver de cette eau fraîche et pure qui coulait entre les roches. Tout à coup, j’eus l’impression que ce superbe volatile avait détecté ma présence pourtant si discrète, presque inaperçue. Ce devait être le cas car l’oiseau s’envola très haut dans le ciel, abondonnant son bruit vage et revint quelques instants. Mon étonnement fut grand quand je vis cet oiseau, pourtant insectivore d’après mes connaissances, tenant dans son bec un petit animal poilu. On aurait dit une souris. Ma tête se mit à tourner et mon corps à suer quand je vis cet oiseau, apparemment si paisible, prendre sa proie dans ses griffes scérées et commencer un horrible rituel. Il se mit à déchiqueter le petit corps inanimé avant d’arracher la petite tête et de secouer la sienne. Son projectile arriva à mes pieds et l’oiseau prit son envol. En regardant de plus près, je constatai que la tête qui se trouvait devant moi était celle d’un gros rat des forêts, une proie beaucoup trop importante pour ce type d’oiseau.  Je regardai ce drôle d’oiseau planer dans le ciel au-dessus de moi.  Je pensai que tout cela devait être dû à tout le vin que j’avais bu et me pressai de poursuivre mon chemin vers chez moi.
Je voyais maintenant ma cabane au bout d’un sentier boisé. Je courus à toute allure, encore choqué par ce que je venais de voir. Ce n’était cependant rien, comparé à ce que je voyais maintenant : un groupe d’oiseaux, les mêmes oiseaux dorés, étaient occupés à déguster la carcasse d’un renard pris au piège quelques jours auparavant. En m’approchant à quelques mètres seulement de ces volatiles enragés, je remarquai leur soif de sang et de chaire, le plaisir démoniaque qu’ils semblaient éprouver à piquer de leur bec pointu, presque aiguisé, cet amas ensanglanté.  Mon étonnement, ma stupéfaction se transformèrent alors en une peur épouvantable. Je courus jusqu’à ma cabane pour me réfugier à l’intérieur. Je commençais à me retrouver à bout de souffle. Quand je me retournai, je vis à mes trousses une horde d’oiseaux aux yeux flamboyants. Ils semblaient venir tout droit des abîmes infernaux. Ils se déplaçaient à une allure invraisemblable et dans un tumulte de battements d’ailes et de piaillements agressifs.  Après quelques instants qui me parurent une éternité, je parvins enfin à atteindre mon abri. Une fois la porte aux charnières grinçantes fermée à double tours derrière moi, je me pressai de me barricader. Je fermai mes modestes volets de bois qui se résumaient à quelques fines planches posées contre les vitres. Je me retrouvai alors dans une obcurité totale. Les oiseaux ne m’avaient apparemment pas suivi. En effet, plus aucun bruit ne se faisait entendre au dehors.
Ma peur avait maintenant laissé place à une profonde désolation. Des larmes incontrôlables se mirent à couler sur mes joues. Je parvenais même à entendre le bruit que celles-ci faisaient en tombant sur le plancher.  Soudain, dans un fracas assourdissant, les oiseaux se mirent à attaquer la cabane. Je les devinais innombrables et furieux. Leurs cris me perçaient les tympans et cognaient dans ma tête comme un marteau. Leurs becs claquaient avec rage sur les volets.  Je fus épouvanté de constater que ces créatures infernales étaient maintenant parvenues à perforer une des planches de bois. Elles s’acharnaient dès lors sur la vitre. Celle-ci commençait dangereusement à se fêler. Tout à coup, le verre zébré éclata en éclats et un nuage noir d’oiseaux pénétra dans mon logis. J’eus le réflexe de me coucher et de rouler sous mon lit. J’entendais autour de moi les oiseaux qui détruisaient tout ce qu’ils touvaient.  Et puis… plus un bruit…Je sortis de ma cachette pour voir ce qui se passait. Il n’y avait plus en seul oiseau dans la cabane. Tout était détruit. De la vaisselle brisée et des plumes ensanglantées gisaient sur le sol. Les tentures voletaient sous l’effet du vent. Malgré ma frayeur, je sortis. Mes jambes flanchaient. J’ouvris la porte… Les oiseaux étaient tous perchés sur les branches de l’arbre devant la cabane. Ils me toisaient avec leur air hautain et plein de haine. Je fis quelques pas dehors. J’entendis la porte se refermer derrière moi. Lorsque j’arrivai au pied de l’arbre, une nuée d’oiseaux s’abattit sur moi… 
Je me réveillai, dans la torpeur de l’été, en sueur encore très choqué par le cauchemar que je venais de faire...
 
Nouvelle écrite par Benjamin, Cédric et Jean-Michel, 5è K

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Le GSM

L’histoire que j’ai vécue paraît folle et pourtant elle s’est réellement passée. Ce n’étaient pas les effets de l’alcool car je n’avais pas bu. C’était un de ces jours où il pleut et où on est d’humeur morose. Une fois de plus, je m’étais disputé avec Carine car je continuais la boisson tous les jours. Avec le recul, je me rends compte que j’aurais dû écouter ma femme. Une fois encore, elle fit ses valises et partit mais je ne m’inquiétais pas car elle revenait toujours.
Je m’installai dans le divan. L’attente me donnait envie de prendre le verre de vin que je m’étais servi quelques minutes plus tôt mais que je m’étais promis de ne pas boire. Non, je n’y toucherais pas même si c’était dur ! Le GSM se mit à sonner… C’était sûrement Carine qui appelait. Je décrochai mais ce devait être une erreur car il n’y avait personne à l’autre bout du fil. La colère me prit et je jetai l’appareil dans le feu. Le temps passait, le verre de vin me narguait mais je tenais bon.
Mon téléphone se remit à sonner. Une petite voix au fond de moi me disait de ne pas aller, que ça ne m’apporterait que des ennuis. En plus, comment se pouvait-il que celui-ci sonne encore alors qu’il était dans le feu ? Obstiné comme j’étais, j’y allai quand même. Ce que je vis me stupéfia, je pris mon GSM dans le feu où il était resté intact et, à ma grande surprise, je ne sentis aucune brûlure. Ce foutu téléphone continuait à sonner. J’essayai de l’éteindre mais ses touches semblaient bloquées. Impossible d’arrêter ce fichu engin. En voyant le vase posé sur la table, j’eus une idée. Si le GSM avait résisté au feu, il ne résisterait sûrement pas à l’eau. J’y mis le GSM mais il continua non seulement de sonner mais en plus, la sonnerie s’était amplifiée. Fou de rage, je le repris, fis le tour de la pièce et mon regard tomba sur une vieille valise où nous rangions les vieux vêtements des enfants à donner aux pauvres. Je l’ouvris, y fourrai le téléphone tout au fond de la valise, la refermai à clef, jetai la valise par la fenêtre et mis la clef sur le collier que je ne quittais jamais. Je n’entendais plus aucun bruit et j’allais pouvoir enfin me reposer. Ce répit ne dura que quelques secondes. Le mobile se remit à sonner, encore plus fort. On l’entendait à présent dans toute la rue. Je n’y tenais plus, il fallait absolument le démolir. J’allai chercher la valise dans le jardin et l’apportai dans le garage. J’essayai d’ouvrir la valise avec la clef mais elle ne rentrait plus dans la serrure. Je pris donc le marteau et fracassai la valise. Plus je frappais sur l’appareil, plus il sonnait fort et je n’avais toujours aucune égratignure. Mais mes efforts restaient vains. Fou de rage, je lançai le marteau en l’air puis… trou noir.
Je me réveillai à l’hôpital. Ma femme était assise à côté de moi, le visage inquiet. Elle me raconta qu’en rentrant après notre dispute, elle m’avait retrouvé en bas des escaliers, inconscient. Quand elle fut sur le point de partir, je lui demandai si elle avait réussi à éteindre le GSM. Elle me regarda bizarrement, me dit que nous n’avions pas de GSM et que je devais me reposer. En partant, elle ajouta qu’elle avait apporté le quotidien. En me penchant pour le prendre, je remarquai quelque chose de lourd qui pendait à mon collier. Je m’aperçus que c’était une clef qui ouvrait une valise… La valise !
 
Nouvelle écrite par Aurélie, Elodie et Mathilde, 5è K

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16/05/2005

Verdict

Le verdict est tombé hier : Camélia, Florence et Harmony resteront nominées dans le cadre du concours "Image Imaginaire" et ne deviendront pas lauréates...  Elles ont quand même gagné un CD-Rom ainsi qu'un exemplaire de la publication reprenant l'ensemble des textes des nominés.  Bravo les filles !

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07/05/2005

RE-BRAVO !

Voici quelques mois, j'avais "invité" mes élèves de rhéto à écrire une pièce de théâtre en un acte dans le cadre d'un concours organisé par leaweb. Tous avaient dû écrire la pièce dans le cadre du cours et trois avaient effectivement envoyé leur texte.  5543 participants de 38 pays ont fait de même.  Une de mes élèves remporte le quatrième prix et mieux, une des élèves de ma collègue avec qui j'avais travaillé pour ce projet, remporte le premier prix !!!  Toutes deux partiront, avec huit autres lauréats, une semaine au Québec à la Toussaint.  BRAVO SEGOLENE ET ELSA.  C'est génial !!!

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