20/11/2005

Critique de L'Enfant, Luc et Jean-Pierre Dardenne

Le cinéma belge compte dès à présent une œuvre de plus parmi son répertoire de titres -déjà bien fourni- car le dernier-né des frères Dardenne est sorti en salle. Il s’agit de L’Enfant, une espèce de pseudo-film car la manière dont l’ensemble est filmé fait davantage penser à un reportage, un documentaire, qu’à un film proprement dit.  En effet, les gros plans sont monnaie courante, ce qui peut donner une impression oppressante au spectateur.  Le contexte du film est somme toute assez banal : un jeune couple de paumés qui essaient de survivre comme ils le peuvent dans la jungle urbaine avec leur bébé.  Ce qui peut captiver ou ennuyer le spectateur, plus par son imprévisibilité que par son invraisemblabilité, est le scénario que certains qualifieront sans doute de « tiré par les cheveux ». Toutefois, ce scénario est concevable et envisageable vu la naïveté et l’immaturité presque imbéciles, idiotes, dont fait preuve Bruno, le père de l’enfant.  Il semble être resté à un âge mental très bas et avoir une conception très personnelle de la paternité, des responsabilités et de l’argent, thème abondamment évoqué.
On peut donc parler d’un film social qui suscitera réflexions et réactions du côté du public concernant le choix de la présence d’un enfant pour un jeune couple démuni, dans un milieu aussi hostile qu’une ville.  Pour peu, on croirait ce film sorti tout droit de la réalité quotidienne car les réalisateurs ont voulu tout filmer quasi sans artifice, aussi bien dans les décors qu’au niveau des personnages.  Tout paraît naturel, à l’opposé de la majorité des grosses productions américaines dans lesquelles le factice et le superflu sont fortement présents.  Cette simplicité peut plaire ou ne pas plaire.  On remarquera aussi, toujours dans le même ordre d’idées, l’absence totale de musique qui ne gênera probablement pas le spectateur qui risque bien de ne pas même s’en rendre compte.  Cela intensifie encore l’aspect réel du film.  Dans l’ensemble, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’un véritable divertissement mais plutôt d’un film nu et sincère sur la condition humaine.  Notons pour conclure l’excellente qualité du jeu des acteurs et leur sélection judicieuse au casting : Jérémie Renier et Déborah François -les deux acteurs principaux- ont sans aucun doute un avenir radieux et prometteur dans le cinéma.
 
Jean-Michel Deval, 6è K

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