08/03/2006

Texte écrit à partir de "Vanité", Philippe de Champaigne

J’ai encore du temps… Largement… Pour m’observer une dernière fois. Cela fait déjà 20 ans que je suis mort et je suis toujours aussi beau ! Admirez-moi, encore et encore ! Oui, c’est ça, aimez-moi !  Tout ce qu’il reste de moi depuis ma mort, c’est cette fleur… Mais non, elle n’est pas à moi, du moins elle ne devrait pas… Je suppose que tu l’as enfin remarqué : il manquait ce pot de fleurs sur ta table de nuit.  Même si c’était un cadeau, tu ne la méritais pas : elle était trop belle pour toi, comme moi.  Toi qui m’observes comme tous ces gens, tu m’as toujours envié, tout comme eux derrière cette vitre, qui auraient voulu vivre ma vie, être aussi riche et resplendissant que moi ! Flatteur, ça me fait plaisir.  Tant de choses sur mon passé qui ont été omis… Voilà pourquoi tout le monde m’aime tant. Et pourtant…  C’est exact, j’étais un Apollon, toutes les femmes me couraient après.  Je n’étais pas marié et je n’avais pas du tout l’intention de l’être !  Je faisais du mal à toutes mes aimées car seul leur physique m’intéressait… J’étais avare, vaniteux et fier de l’être ! Toutes les pièces de ma demeure étaient couvertes de portraits de moi-même, faits pas de grands artistes.  Egocentrique ?  Bien sûr !  Et puis quoi, je suis comme je suis !  Je n’ai pas donné d’amour car je n’en ai jamais reçu… Mais quand je te regarde, je vois tes yeux remplis de tristesse.  Tous les jours, je te vois dans ce musée venant me contempler : je te manque, tu m’aimes, je sais le lire dans tes pensées, et dans tes yeux…  Pourquoi persistes-tu toujours dans un amour impossible ??  Je me rends compte maintenant que tu es la seule qui m’aime malgré ce que j’étais…  Les autres m’importent peu, car ils m’aiment pour ma richesse et ma beauté. Tant mieux, pourquoi pas ?  Mais tu m’intrigues et je me pose des questions… Essaye plutôt d’être comme les autres, ce n’est pas parce que je suis mort que tu dois arrêter de m’envier !  Je méritais ma mort, je n’ai jamais été un gentleman…  Et tout a brûlé, s’est envolé en fumée…  Si tu n’étais pas là, tout près de moi, mon crâne n’aurait jamais été aussi intact !  Qu’il est beau !  Que tu es belle…  A quoi bon les regrets, maintenant, c’est trop tard.  Mes yeux étaient clos et remplis d’avarice et de vanité.  Tu étais de toutes ces femmes, celle que je méprisais le plus, ou plutôt, que je n’avouais pas vraiment aimer, comme la foudre qui frappe en plein cœur…  Je t’aime et ça, depuis longtemps.  Mais j’ai mis trop de temps pour m’en rendre compte…  Et je m’excuse, car je sais que tu m’aimes toujours.  Je t’ai fait tant de mal !  Mais pourquoi ne suis-je pas près de toi ?  Non, je t’en supplie, ne pleure pas, je te vois !  C’est tous les jours comme ça mais cette fois-ci, je ne le supporterai pas !  Ce tableau, c’est toi qui l’as voulu, tu voulais que ce peintre m’immortalise une dernière fois.  J’aurais voulu prendre la pose, juste pour toi…  Ces couleurs sont si sombres… Comme mon cœur l’était auparavant.  Néanmoins les temps ont changés et je suis parti loin, très loin de toi…  J’aurais voulu que l’on peigne un halo de lumière, mais ça ne me décrirait pas tel que j’étais à ce moment mais actuellement…  Emporte ce tableau chez toi. Modestement, je préfère que tu aies un souvenir de moi, car tu m’as sauvé et que je t’aime, plutôt que d’avoir deux expositions de moi dans une même pièce de musée !  Tant de regrets, j’aurais tellement voulu être une bonne personne, puis être aimé pour ce que je suis à l’intérieur, par vous tous, qui me connaissez, ou pas…  Mais avant de me morfondre dans mes regrets, laissez-moi m’aimer encore un peu car vous, vous aurez tout le temps pour m’admirer.  Mon temps à moi, dépend de ce sablier…

[Farène M, 4è B]

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Commentaires

je trouve que c vrai et interessan a lire

Écrit par : vanitou | 23/03/2011

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