15/03/2006

En attendant...

http://www.atnetplanet.com/obispo/ecard/           

                            

1955
 
1 décembre
Rosa Parks refuse de quitter sa place

Dans un bus de Montgomery (Alabama), Rosa Parks, une femme noire de 42 ans, refuse de céder sa place à un blanc comme c'est la règle. Rosa Parks est alors arrêtée par la police et condamnée à payer une amende de 15 dollars. Une campagne de Boycott contre la compagnie de bus est lancée, avec à sa tête un jeune Pasteur noir, Martin Luther King. Le 13 Novembre 1956, la Cour Suprême déclarera les lois ségrégationnistes de Montgomery illégales.

http://www.linternaute.com/

19:58 Écrit par trace | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/03/2006

Texte écrit à partir de "Psyché et l'amour", F. Gérard

Mon cher Jean,

Voilà déjà dix années que je survis sans lui, sans sentir son âme accompagner la mienne mais ma mémoire reste indemne. Malgré ses promesses et mes prières, le destin s’est empressé de nous séparer. Il ne nous a même pas permis de nous dire adieu. Que le ciel est cruel, parfois !

Je me rappelle encore, jeune fille pleine de vie et d’ambition, prête à défier les grands noms et à conquérir ma liberté. Mes parents, effrayés par ce comportement, ont commencé à surveiller mes moindres faits et gestes et m’ont piégée dans leur monde. Mais ils ont échoué car je suis restée moi-même malgré tout.

Je me souviens de ce jour de grande chaleur, en juillet 1790, où j’ai réussi à m’enfuir. Je pensais avoir tout gagné. Fière d’avoir remporté la victoire. Et voilà que je le rencontre. Je suis tombée sous son charme sans même me poser de question. Mais moi, jeune innocente, je fus prise d’un vertige devant ce sentiment aussi étrange que fulgurant. A mon réveil, se tenait devant moi celui que j’appellerai toute ma vie " mon ange ". Cependant, j’ai pris peur quand j’ai réalisé que cet homme m’était inconnu. Mais là, une chose incroyable de ma part s’est produite, je l’ai embrassé. Je ne pourrais toujours pas expliquer le pourquoi de ce geste tendre. Je ne savais plus qui j’étais, ce que je faisais, mais je m’en moquais éperdument car l’homme de ma vie me tenait près de lui. J’ai appris seulement plus tard qui il était. Un peintre, un maître des images. Ce jeune homme sans gloire et sans fortune m’a prise sous son aile , je lui ai confié toutes mes vérités et j’ai tout partagé avec lui, ce premier homme à me décrire ma beauté. Il m’a montré ses œuvres et j’ai été éblouie par son talent. Il m’a appris les couleurs, la lumière, la pureté, la profondeur en échange de tout mon amour. Nous avons vécu trois semaines d’un bonheur sans nuages . J’étais prête à oublier mes rêves et à détruire ma vie pour lui . Il passait chaque jour quelques heures solitaires dans son atelier. Jamais je ne pouvais y pénétrer. Cela constituait pour moi un agréable mystère et je m’efforçais bien de l’entretenir.Mais il a fallu qu’un jour, tout se brise, des gardes sont entrés dans le jardin et sans que j’aie eu le temps de m’enfuir, ils m’ont enlevée à l’homme que j’aimais. Dans ce moment terrible, j’ai lutté et hurlé à la mort, espérant le voir accourir. Mais il n’est jamais venu . De retour dans la prison de mon enfance, j’en suis venue à penser qu’il m’avait trahie, qu’il avait vendu notre secret pour obtenir quelque récompense. Quelle naïveté ! Quoi qu’il en soit, mes parents ont obtenu ce qu’ils cherchaient, ils m’ont mariée à un riche comte de la région voisine, veuf, et de 30 ans mon aîné.

Et je t’ai eu, mon fils. Tu étais et reste encore le soleil qui illumine ma vie tellement morne.

Il y a une semaine, j’ai appris la mort de François et hier, pour la première fois, je suis retournée dans la petite maison de " mon ange ". J’ai bravé les anciens interdits et j’ai pénétré dans son atelier. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une toile ! Un tableau d’une éclatante beauté. Un homme ailé venu des cieux embrassant une jeune fille, délicatement. Un papillon volette au dessus d’eux, tandis que celle-ci ne voit rien, ne sent rien. Elle a le regard perdu dans le vide, elle ne devine pas sa présence. Je me suis approchée et j’ai découvert mes yeux, mon nez, ma bouche, mes cheveux, mon corps. Une émotion intense s’est emparée de moi. En dessous, j’ai lu le titre : Psyché et l’amour. Mais pourtant, la fin de ce mythe est heureuse,après de nombreuses épreuves, Psyché devient immortelle en buvant l’ambroisie, elle monte sur l’Olympe et tous les dieux célèbrent son mariage avec Cupidon ! Soudain, tout s’est éclairé : " commencée en 1790 ". Cette peinture, il l’a réalisée en pensant à moi. Aujourd’hui , je n’en ai plus aucun doute, François est ton père. J’ai compris qu’il m’aimait et voulait me garder auprès de lui le plus longtemps possible.Il ne m’a pas trahie.

Quand tu liras cette lettre, je serai morte depuis longtemps. En effet, je vais révéler à tous ta véritable identité, et pour cela, je m’attend à l’échafaud. Je m’en moque.

C’est moi qui ai demandé à ta nourrice de te remettre cette lettre quand tu serais apte à comprendre.

Sache que je l’aimais trop et que je ne serai heureuse qu’auprès de lui. Je n’ai pas peur car je sais que son âme attend la mienne de l’autre côté. Personne ne nous séparera dans l’éternité.

Je t’aime, Jean Gérard,

Adieu

Ta mère.

[Laura K, 4è E]

21:06 Écrit par trace | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

 Texte écrit à partir de "La tête de Méduse", Rubens

Un jour, j’ai reçu l’ordre d’abattre une femme, qui n’en était pas vraiment une, cette horrible femme à la chevelure de serpents portant le nom de Méduse tellement sa laideur était terrifiante.   Je me suis donc muni du bouclier de bronze que m’avait donné Athéna pour accomplir cette mission qu’elle m’avait elle-même confiée. Il m’était interdit de la regarder dans les yeux sous peine de ne plus pouvoir bouger.  Je n’avais encore aucune idée du physique et de l’apparence de cette dénommée Méduse.  Je me rendis donc dans la grotte des trois Grées où j’ai usé de la ruse pour me débarrasser dans trois sœurs.  En effet, j’ai lancé leur seul et unique œil dans la Tritonis.  Les Nymphes m’avaient t remis un casque qui me rendrait invisible, une paire de sandales ailées et une besace dans laquelle je devais mettre la tête de Méduse et Hermès, une épée courbe d’acier très dur.  J’étais enfin prêt à aller affronter et tuer Méduse.   Une fois de plus, je dus utiliser la ruse pour réussir dans ma quête.  En effet, pour éviter de croiser son regard et donc d’être pétrifié, j’ai utilisé mon bouclier.  Enfin, je n’avais plus qu’à la décapiter comme me l’avait demandé Athéna.  Ce que disaient les légendes sur Méduse était vrai.  Sa laideur était à la limite du possible et sa chevelure n’était que reptiles qui s’entremêlaient.   Je m’empressai de mettre sa tête dans la besace et de m’en aller de cet endroit qui me donnait froid dans le dos.   J’ai heureusement pu tromper les sœurs de Méduse en me rendant invisible.  Maintenant, chaque fois que je revois la peinture de sa tête qu’a fait le peintre de mon village, je repense à tout ce qu’il s’est passé, les trois sœurs, les Gorgones et autres monstres plus horribles les uns que les autres.  J’ai toujours autant de mal à regarder sa monstrueuse tête.  Tous les serpents et autres reptiles dont sa chevelure était composée et qui essayent de partir vers la lumière, tenteraient-ils d’échapper à une telle laideur ou bien simplement de vivre enfin libres ?   Et ce regard de Méduse.  Qu’exprime-t-il ?  Aurait-elle eu peur d’elle en se voyant ?  Quelque chose l’aurait-elle effrayée ?  Mais ceci est une autre histoire…

[Martin Q, 4è E]

20:58 Écrit par trace | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/03/2006

 Texte écrit à partir de "La nuit étoilée", Van Gogh

C'est après avoir circulé inlassablement dans la région camarguaise que je trouve enfin ce paysage. Il représente exactement ce que je cherchais : le calme et la tranquillité après une dure journée de labeur dans la ville.

Je peins et je me rends compte que les coups de pinceau viennent et s'enchaînent car c'est l'inspiration qui guide ma main.

Les étoiles épanouies sont comme de petites lucioles sortant de buissons et leurs reflets sur l'eau me font penser à la lueur incertaine d'une flamme. Ce lac nous donne un air frais venant du sud, comme une bouffée d'énergie.

Derrière cette étendue d'eau sont installées de petites maisons éclairées qui, vues de loin, ont l'air d'être de grands feux de bois.

Les couleurs de ce tableau nous montrent l'obscurité et la douceur de la nuit lorsque la ville est endormie. Les traits de l'herbe à mes pieds passent du bleu au vert en interceptant du gris sur leur chemin. Sur ce mélange de couleurs se promènent deux personnes errant comme des spectres dans la brume du soir, racontant à qui veut l'entendre leur idylle.

Je suppose que chaque personne éprouve des émotions différentes à la vue de ce tableau mais les seuls mots qui me viennent à l'esprit sont " incomparablement sensationnel "...

[Carole P, 4è B]

11:02 Écrit par trace | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09/03/2006

Texte écrit à partir de "L'enlèvement d'Europe", Rubens

 

Je me représente comme un taureau, fort, beau, travailleur.  Mais toi qui m’aimais, tu ne voulais pas me quitter.  Pourtant je t’ai déjà trompée plusieurs fois mais tu n’y prêtes pas attention.  Je peins nos enfants comme des anges.  Ce sont les plus beaux enfants du monde.  Ils veulent t’aider mais tu ne les écoutes pas. Laisse-moi partir, je t’en prie.  Tu as même gardé le foulard rouge que je t’avais donné lors de notre première rencontre.  De toute façon je vais fuir donc écoute-moi.  Je t’ai séduite car tu es très belle mais je n’ai plus de sentiments pour toi.  Voilà à quoi ressemble ma vie, à ce tableau.  Celui que je peins avec amour en mémoire de toi.  Est-ce que ma vie se résume à un tableau ?

[Benoît B, 4è E]

20:10 Écrit par trace | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/03/2006

Texte écrit à partir de "Vanité", Philippe de Champaigne

J’ai encore du temps… Largement… Pour m’observer une dernière fois. Cela fait déjà 20 ans que je suis mort et je suis toujours aussi beau ! Admirez-moi, encore et encore ! Oui, c’est ça, aimez-moi !  Tout ce qu’il reste de moi depuis ma mort, c’est cette fleur… Mais non, elle n’est pas à moi, du moins elle ne devrait pas… Je suppose que tu l’as enfin remarqué : il manquait ce pot de fleurs sur ta table de nuit.  Même si c’était un cadeau, tu ne la méritais pas : elle était trop belle pour toi, comme moi.  Toi qui m’observes comme tous ces gens, tu m’as toujours envié, tout comme eux derrière cette vitre, qui auraient voulu vivre ma vie, être aussi riche et resplendissant que moi ! Flatteur, ça me fait plaisir.  Tant de choses sur mon passé qui ont été omis… Voilà pourquoi tout le monde m’aime tant. Et pourtant…  C’est exact, j’étais un Apollon, toutes les femmes me couraient après.  Je n’étais pas marié et je n’avais pas du tout l’intention de l’être !  Je faisais du mal à toutes mes aimées car seul leur physique m’intéressait… J’étais avare, vaniteux et fier de l’être ! Toutes les pièces de ma demeure étaient couvertes de portraits de moi-même, faits pas de grands artistes.  Egocentrique ?  Bien sûr !  Et puis quoi, je suis comme je suis !  Je n’ai pas donné d’amour car je n’en ai jamais reçu… Mais quand je te regarde, je vois tes yeux remplis de tristesse.  Tous les jours, je te vois dans ce musée venant me contempler : je te manque, tu m’aimes, je sais le lire dans tes pensées, et dans tes yeux…  Pourquoi persistes-tu toujours dans un amour impossible ??  Je me rends compte maintenant que tu es la seule qui m’aime malgré ce que j’étais…  Les autres m’importent peu, car ils m’aiment pour ma richesse et ma beauté. Tant mieux, pourquoi pas ?  Mais tu m’intrigues et je me pose des questions… Essaye plutôt d’être comme les autres, ce n’est pas parce que je suis mort que tu dois arrêter de m’envier !  Je méritais ma mort, je n’ai jamais été un gentleman…  Et tout a brûlé, s’est envolé en fumée…  Si tu n’étais pas là, tout près de moi, mon crâne n’aurait jamais été aussi intact !  Qu’il est beau !  Que tu es belle…  A quoi bon les regrets, maintenant, c’est trop tard.  Mes yeux étaient clos et remplis d’avarice et de vanité.  Tu étais de toutes ces femmes, celle que je méprisais le plus, ou plutôt, que je n’avouais pas vraiment aimer, comme la foudre qui frappe en plein cœur…  Je t’aime et ça, depuis longtemps.  Mais j’ai mis trop de temps pour m’en rendre compte…  Et je m’excuse, car je sais que tu m’aimes toujours.  Je t’ai fait tant de mal !  Mais pourquoi ne suis-je pas près de toi ?  Non, je t’en supplie, ne pleure pas, je te vois !  C’est tous les jours comme ça mais cette fois-ci, je ne le supporterai pas !  Ce tableau, c’est toi qui l’as voulu, tu voulais que ce peintre m’immortalise une dernière fois.  J’aurais voulu prendre la pose, juste pour toi…  Ces couleurs sont si sombres… Comme mon cœur l’était auparavant.  Néanmoins les temps ont changés et je suis parti loin, très loin de toi…  J’aurais voulu que l’on peigne un halo de lumière, mais ça ne me décrirait pas tel que j’étais à ce moment mais actuellement…  Emporte ce tableau chez toi. Modestement, je préfère que tu aies un souvenir de moi, car tu m’as sauvé et que je t’aime, plutôt que d’avoir deux expositions de moi dans une même pièce de musée !  Tant de regrets, j’aurais tellement voulu être une bonne personne, puis être aimé pour ce que je suis à l’intérieur, par vous tous, qui me connaissez, ou pas…  Mais avant de me morfondre dans mes regrets, laissez-moi m’aimer encore un peu car vous, vous aurez tout le temps pour m’admirer.  Mon temps à moi, dépend de ce sablier…

[Farène M, 4è B]

22:39 Écrit par trace | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06/03/2006

Textes écrits à partir de "Narcisse", Le Caravage

20 avril.

Mon cher journal !

C’est aujourd’hui, jour de mes 17 ans, que je te commence.

Il se trouve qu’encore une fois, je vais passer cette journée en présence de mon meilleur ami : mon miroir ! En ce jour merveilleux, mon visage a atteint la perfection. Il n’est défiguré par aucun de ces horribles boutons qui viennent (rarement certes) s’y loger ! De plus, mes cheveux d’un roux éblouissant viennent se placer parfaitement de façon à mettre en valeur mon beau visage si pur !

Il n’y a que mon miroir qui me montre la vérité, aucune fille ou garçon n’est capable de l’apprécier avec l’admiration qu’il mérite.

Demain, je pars en classe verte à Rome, en Italie ! C’est un beau pays où je sens que ma beauté ne pourra que s’épanouir un peu plus grâce à cet astre céleste qui illumine si bien mes traits gracieux !

Il faut maintenant que je prépare ma valise mais ne t’inquiète pas, je reviens demain pour te raconter ma première journée en Italie.

21 avril.

Bonjour cher journal !

Je sais que le contact avec ma peau si douce et parfumée te manquait ! Tu ne dis pas le contraire, j’en étais sûre !

Ce matin, après une brève entrevue avec mon meilleur ami le miroir qui, comme d’habitude, ne tarissait pas d’éloges sur mon physique parfait, nous nous sommes rendus à la fontaine de Trévise et les gens (qui n’étaient pas des modèles de beauté !) n’arrêtaient pas de prendre des photos !

Je sais que je suis belle et que, moi, à côté de cette fontaine ridicule, je devais avoir l’air d’un ange ! Lorsque je l’ai fait remarquer à Isabelle (une erreur de la nature), elle n’a pas osé avouer que je serais dans tous les magazines romains la semaine prochaine mais elle m’a jeté un regard tel que j’ai pu constater la jalousie qui s’emparait d’elle.

Ensuite nous nous sommes rendus (toujours moi et ma classe) à la Galeria nationale d’arte.

Quel ennui, j’ai cru ne jamais en sortir ! Il n’y a qu’une œuvre qui m’a interpellée : Narcisse de Caravage ! Ce garçon à la beauté éblouissante (pas autant que la mienne !) qui se regarde inlassablement dans l’eau. La clarté qu’il dégage entouré de ténèbres... Et dire qu’il finira noyé à cause de l’admiration qu’il se portait ! Quelle pitié d’en arriver là ! Heureusement que ce n’est qu’une légende...

De telles personnes n’existent pas !

Bon, cher journal à bientôt car il faut que je dorme pour que de vilaines cernes ne viennent pas m’enlaidir.

[...]

25 avril.

Oh désespoir mon cher journal !

Hier je me suis disputée avec mon père, ce père si absent qui n’a pas accepté que mon nouveau piercing vienne rehausser mon éclatante beauté ! Il m’a ensuite frappée parce que j’étais trop " narcissique " (selon lui, car jamais personne ne m’a critiquée de telle façon !) et m’a cassé le nez !

Je suis donc obligée de supporter ces affreux bandages et la classe a osé me regarder en rigolant ! Je suis déshonorée et je ne veux plus sortir de chez moi. Je vais aller m’enfermer dans ma chambre, j’ai aussi renié mon meilleur ami qui a fini à la poubelle !

30 avril.

Mon cher journal,

Pour la première fois de ma vie, je suis heureuse !

Hier, Matt est venu chez moi pour m’expliquer ce qu’il a fait à l’école ! Ha le beau Matt, il fait rêver toutes les filles (j’avoue que je ne suis pas totalement insensible à son charme même s’il n’égale pas mon " ancienne " beauté).

J’ai eu peur qu’il se moque de moi mais à mon grand étonnement, il m’a dit que mon nez de travers ajoutait à mon visage l’imperfection qui rendait ma beauté plus humaine. Il ne me trouvait donc pas laide ! Lorsqu’il a continué ses explications, pour la première fois de ma vie, j’ai admiré quelqu’un d’autre que moi ! On a même rigolé ensemble et il m’a dit qu’il repasserait dans quelques jours. C’est à ce moment que je me suis surprise à rougir.

Je me suis alors rendu compte que la beauté n’était pas le plus important et que les autres ne me jugeaient pas mal par jalousie mais à cause du mépris que je leur portais.

[Laura B, 4è E]

** ** ** ** **

Il me regarde, je le regarde. Il s’aime, je l’aime. Il me regarde, je le regarde. Il me voit, je ne le vois pas. Je ne sais rien, je n’entends rien. Je permets juste le reflet d’un corps, un corps qui me regarde sans faille. M’observe-t-il ou s’observe-t-il ? J’aimerais lui demander mais je n’y arrive pas, pourquoi ? Parfois je me demande pourquoi je suis là. D’où je viens. D’où vient cet homme qui me regarde jour et nuit ? Son reflet et sa beauté semblent lui plaire. Et moi… suis-je belle ? Je ne sais pas depuis combien de temps il vient me voir ou se voir,et puis… c’est quoi le temps ? Je sais juste que la vie est réglée grâce à une horloge qui tourne sans cesse jusqu’à la mort. Cet homme qui me regarde chaque jour perdra son horloge un jour, pour on ne sait quelle raison. Peut-être mourra-t-il de son narcissisme qui le rendra malade l’un ou l’autre jour, ou bien est-ce moi qui le regarde, vais-je lui jouer un mauvais tour ? Je n’en sais rien, de toute façon je ne sais rien… Cette beauté comme il le dit bucolique me rendra un jour malade… ça je le sais ! Il me regarde, je le regarde. Il sait tout, moi, ne sais rien… Il est beau comme il dit. Et moi, comment suis-je ? Je suis laide parce qu’il me regarde. Lui est beau parce qu’il me regarde. Finalement nous ne sommes tous deux qu’une image.A présent toi mort et moi figée.Ta beauté t’a meurtri… Nous ne sommes plus qu’un dessin, une image. Nous ne sommes plus rien… Juste de la couleur. Auparavant je ne servais que de miroir à ta beauté,aujourd’hui nous sommes devenus l’objet de ce peintre. Qui nous a donné une seconde vie, dans laquelle je sais pense vis et respire.A présent je suis tout et toi tu n’es rien. Tu es juste l’image de ce que tu étais, narcisse ! Une beauté que tu aurais cru parfaite mais qui t’a trahi… Aujourd’hui, je vis parce que tu es mort. Je peux, à mon tour, voir ce qu'est la beauté réelle. La beauté de ces couleurs dont nous sommes faits et qui me rend belle.Ton extrême beauté ta coûté la mort et m’a apporté… la vie. Aujourd’hui tout le monde m’admire,Aujourd’hui tout le monde te nie. Toi et ta beauté qui nous rendent si célèbres… Mais où tu ne sais plus rien faire. Alors je dis : merci Narcisse ! [Adrien F, 4è E]

**  **  **  **  **

La nuit tombe. Je vais bientôt disparaître. Je le vois encore au-dessus de moi, m’admirant, comme obnubilé par ma beauté. Bientôt il fera trop sombre, il ne me verra plus, il partira et moi aussi.

Mais pour le moment, nous sommes là. Cela fait des années qu’il vient tous les jours, de l’aube au crépuscule, et même plus tard. Il repart quand il ne me voit plus et je disparais à mon tour.

Il a grandi, il a changé. Mais il me regarde toujours de la même façon. J’ai l’impression de vivre à travers lui. De vivre en lui.

Ce soir, je le sens, quelque chose disparaîtra, quelque chose ancré en nous depuis bien longtemps.

Il m’observe si intensément que j’en suis presque troublé. Alors je le regarde à mon tour. Je le regarde et je le trouve beau.

Il se penche vers moi. La nuit est noire et je le distingue à peine. Il se rapproche, et s’approche si près de moi… Toujours plus près… Il tombe et passe à travers moi. Il disparaît. Je subsiste encore un peu. Mais je me sens partir à mon tour, vers les profondeurs de cette fontaine devant laquelle tant de demoiselles se sont arrêtées, espérant un regard de sa part. Mais il me regardait, il se regardait.

Demain je ne reviendrai pas.

" La petite fleur qui va naître vous racontera mon chagrin. "

[Sandrine L, 4è E]

** ** ** ** **

Voilà, je vais vous raconter mon histoire.  Je suis Narcisse !  Je suis le fils d’un fleuve divinisé et d’une nymphe célèbre dans tout l’univers pour sa beauté !  Ah, ma mère, quel bel être !  Sa beauté m’éblouit encore aujourd’hui !  Cette beauté, elle me l’a transmise à la naissance.  Hé oui, je n’ai pas honte de le dire, je suis beau !  Je me trouve d’un charme éblouissant.  J’aveugle tout le monde par ma splendeur !  Sans moi, il n’y aurait plus d’harmonie sur cette planète !  L’éclat de ce monde se résume en trois lettres : M-O-I !  Non je n’ai aucune gêne à le dire, je m’aime !  Mais je l’avoue, je suis incapable d’aimer qui que ce soit.  Je méprise l’amour, je méprise les autres, …  Mais à part ce petit détail insignifiant, n’oublions pas que j’incarne la chose la plus parfaite de ce monde !  J’aime m’admirer, j’aime le reflet que l’eau me renvoie.  Habituellement, je me regarde dans l’eau d’une fontaine.  Que dis-je, dans l’eau de toutes les fontaines !   Ah malheureux que je suis, si je savais que ce qui va me tuer, ce qui va causer ma perte, c’est cette beauté, cette beauté si éblouissante !  Si je savais que je vais terminer noyé, dans l’eau d’une fontaine.  Cette fontaine où je m’admirais régulièrement, jour et nuit,…  Ah, si je savais,…  J’arrêterais de m’admirer, de me contempler matin et soir,…  Mais que voulez-vous, c’est ainsi !  Si je savais que dans bon nombre d’années, on évoquera encore et toujours ma beauté si magnifique, je ne me ferais guère de soucis !  Si je savais aussi que de mes restes va naitre une fleur aussi éblouissante que moi et qu’en souvenir de beauté et de tout mon être, on lui donnera mon nom.  Je ne me ferais guère de soucis !  Ah si je savais, …

[Mélody D., 4è E]

** ** ** ** **

La métamorphose

Quelle beauté me suis-je dit en voyant cette œuvre… Pendant les premières années de ma vie, je n’avais fait que survoler les peintures quand j’avais l’occasion d’en voir. Mais lorsque que je vis les créations de ce peintre, mon point de vue a changé, car dès ce moment-là, je sus que plus jamais une peinture n’ évoquerait en moi de l’indifférence. J’étais comme " métamorphosé ". En voyant ces contrastes superbes, les contours des formes, la netteté des personnages,..., en bref, à mon regard, tout dans les chefs-d’œuvre de cet artiste était sublime.

Cette fois-ci, je découvre une nouvelle beauté, j’ai devant moi la représentation de cet homme qui est tombé de amoureux de lui en apercevant son reflet dans l’eau, son nom est Narcisse. Encore une fois je me retrouve époustouflé par cette peinture dont la beauté brille de mille éclats. Et de nouveau j’ai repensé à l’artiste occupé à peindre cette beauté, je me suis demandé comment il avait fait pour peindre aussi bien alors qu’en fait cette histoire n’étant qu’un mythe, il n’était donc pas possible qu’il eût un modèle, et il dut donc utiliser son imagination comme source d’inspiration, c’était formidable… Je revins hors de mes pensés lorsque ma mère m’interpella pour retourner à notre appartement que nous louions à Rome pour les vacances. En effet, cela faisait plusieurs heures que j’étais resté immobile face à cette œuvre dans la " Galleria Nazionale d’Arte ". Je me promis alors que désormais, je m’intéresserais plus à la peinture qu’à autre chose et que moi-même, j’essaierais de faire mes propres chefs-d’œuvre.

[Charles B, 4è E]

** ** ** ** **

Et voilà, depuis hier encore un an de plus, et pour ne pas changer, réunion familiale organisée comme à tous les anniversaires. Je n’avais rien à dire, je dirais même que tout était parfait jusqu’au moment où ma tante m’a offert ce fameux livre : Recueil de peintures du XVIè siècle. Le plaisir m’envahissait et me retournait tellement que je devais soit fondre en larmes devant toute cette déception ou alors rire aux éclats devant tant d’horreur. Quant à la vision des choses, l’époque à laquelle nous vivons aujourd’hui est quand même maintenant bien loin du XVIè siècle !

Enfin, devant tant de lassitude, je me suis tout de même décidée à ouvrir ce recueil. Au fil des secondes, je tournais les pages si vite tellement cela ne représentait rien, jusqu’au moment où une de ces peintures m’a enfin interpellée. Mais ce fut bien la seule. En effet, celle-ci cachait plein de mystère : un jeune homme paré d’une beauté incomparable admirait tendrement son reflet si flatteur et révélateur de lui-même dans une flaque d’eau perdue au milieu d’un lieu si sombre, il avait l’air rempli de craintes malgré l’apaisement évoqué sur son visage. Mais à la vue de celui-ci, de ses gestes, de ses traits, je finis par penser à une personne pourtant très importante à mes yeux, à laquelle on ne peut rien reprocher hormis une chose : son narcissisme !

A cet instant, mes yeux glissèrent à peine de quelques centimètres que je vis inscrit : Narcisse de Caravage (1594-1596). Ce fameux Narcisse, si fervent à se contempler,a même connu la mort en admirant son reflet dans l’eau, tellement il s’admirait, il en fut si ébloui qu’il tomba et finit noyé. Le narcissisme utilisé en exagération est certes un défaut, il peut même souvent gâcher une relation pourtant passionnée entre deux personnes!

J’ai déjà pu assister à une situation semblable, si floue, d’où certainement le choix de Caravage de peindre cette œuvre à l’huile. Ce regard sur cette peinture et son histoire pourra, je l’espère, apporter un éclairage à ces gens peinés sans même le savoir par cette soi-disant " maladie ".

[Laurie, 4è E]

** ** ** ** **

  • Une fois encore, je me retrouve face à toi. Une fois encore, je t’admire. Une fois encore, je te demande de m’aimer.
  • Une fois encore, je te répondrai qu’il m’est impossible de t’aimer.
  • Et pourquoi cela ? J’incarne la perfection même. Pourquoi chercherais-tu à ne plus être à mes yeux qu’une personne comme tant d’autres ?
  • Je suis la perfection. Deux êtres parfaits ne peuvent point s’aimer. Cela conduirait instantanément à leur perte et je ne veux en rien causer la tienne.
  • Tu ne l’engendreras point. Aime-moi et je serai comblé.
  • L’amour de l’humain et de son reflet est immoral.
  • Je me moque bien de tous ces gens. Ils ne peuvent nous comprendre. Leur médiocrité les rend sourds à notre perfection. Nous n’avons communément que la morphologie ; même leur beauté n’a d’égale que leur stupidité. Aime-moi !
  • Tu n’es pas sans savoir que si je permets notre passion, elle te sera fatale.
  • Je n’aurais alors pour seul défaut que d’être mort par amour.
  • Aime-moi ! Ma vie sans le reflet de la tienne n’est que pacotilles et apparences. Je ne peux me contenter de l’inutile. Je désire connaître la passion et pénétrer ton corps de mon amour. Aime-moi !
  • N’arriverais-je donc point à te faire renoncer à cette folie ? Oublie-moi !
  • Je ne veux m’y tenter et, même si l’idée m’effleurait, l’amour se ferait écrasant face à cette tentative. Aime-moi !
  • Pourquoi m’imposes-tu ce choix, à moi que tu dis aimer de tout être ? Ce choix entre le chagrin et la perte, entre l’indifférence et la passion fatale.
  • Je ne t’impose guère de choix, je t’offre la solution. Ainsi, je choisis la perte au chagrin, la passion fatale à l’indifférence. Aime-moi !
  • Je t’en conjure, cesse ta supplique ! Le doute m’envahit.
  • Aime-moi !
  • Cesse, te dis-je ! Laisse-moi libre d’aimer qui je souhaite.
  • Aime-moi ! Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai au-delà de ma funeste perte.
  • Laisse-toi cependant le bénéfice du doute !
  • Il n’y point de doute à avoir. Aime-moi !
  • Et si j’accepte, me promets-tu de faire ce que je te dicterai ?
  • Je te le promets, quoi qu’il m’en coûte. Aime-moi !
  • Je t’aimerai !
  • Laisse-moi te sentir, te toucher !
  • Ne me sens pas, ne me touche pas ! N’entends aucune méchanceté dans le son de ma voix ; ta perte me serait, tout bonnement, inconcevable et insupportable à moi ainsi qu’à tout être sur la surface de cette planète car ils ne survivraient pas à la disparition d’un de leurs deux êtres ; sublimes, suprêmes : parfaits.
  • Laisse-moi t’effleurer la joue, laisse-moi goûter au parfum de tes lèvres.
  • Je te supplie de cesser de me tenter. Je ne peux me résoudre à céder à mes pulsions, je ne veux te nuire, je ne veux te détruire.
  • Laisse-moi me nuire, laisse-moi me détruire. Laisse-toi céder à tes pulsions. Laisse-moi t’effleurer!
  • Je le sais, par expérience, que tu obtiendras ce que tu désires, par la persuasion ou par la séduction.
  • Laisse-moi t’effleurer!
  • Je désire plus que tout toucher la perfection humaine. Laisse-toi effleurer par ma main.

Narcisse, les deux genoux à terre, toucha l’eau de sa main parfaite et se laissa submerger par la passion. Ses deux mains plongèrent malgré lui dans les profondeurs des eaux, suivies par son corps parfait tout entier. Ainsi disparues la perfection du monde.Caravage rouvrit les yeux et sortit ses pensées de l’obscurité. Il posa son pinceau sur la toile vierge ; il peignit.

[Charlotte D, 4è E]

 

21:11 Écrit par trace | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |