01/04/2006

Texte écrit à partir de "Saturne dévorant l'un de ses fils", F. Goya

Mes yeux s’ouvrirent lentement comme par peur d’être ébloui par une lumière vive. A ma grande stupéfaction, j’étais plongé dans la pénombre. Une pénombre si intense que j’avais l’impression de voir toutes sortes de choses danser autour moi.
Soudain, je vis un faisceau de lumière en face de moi. Je plissais les yeux pour tenter de distinguer quelque chose quand le faisceau s’agrandit, laissant place à un homme de grande taille, à la chevelure longue et épaisse. Il était vêtu d’un simple bout de tissu qui cachait sa virilité. Cet homme devait sûrement être Saturne.
Il avança droit vers moi.
Des gouttes de sueur perlaient sur mon front et dégoulinaient le long de mon visage. Je fis un pas en arrière et je me mis en boule, priant que la pénombre joue en ma faveur.
Le colosse, ne me voyant pas, porta ensuite son attention sur quelque chose qui remuait et gémissait à l’autre bout de la pièce. Le géant partit voir la chose tandis que je le suivais discrètement sur la pointe des pieds.
L’homme se pencha sur un enfant entouré d’un drap blanc. L’enfant sourit en le voyant et tendit ses bras vers lui mais l’homme n’y prit aucune attention. Il le souleva, mit la tête de l’enfant dans sa bouche et l’arracha net.  Un craquement sourd se fit entendre suivi d’autres plus réguliers. Le géant avala ce qu’il y avait dans sa bouche et ensuite, il arracha un bras, puis l’autre. Le sang giclait contre la paroi de la grotte ainsi que sur l’homme qui démembrait lentement l’enfant. C’était un spectacle insoutenable.
Je décidai sans plus attendre de prendre la fuite.
Je courus silencieusement tout au fond de la grotte dans l’espoir de retrouver la porte qui s’était ouverte sur le colosse mais je ne trouvai rien. Mon cœur battait à tout rompre et j’essayais de respirer le moins possible de peur que le géant ne m’entende.
Soudain, je tombai, dans un bruit sourd, à cause d’une pierre que je n’avais pas vue. L’homme m’entendit et se dirigea rapidement vers moi. Je rampais comme un fou pour essayer de me cacher. Mais celui-ci me prit d’une main ferme, me souleva et me regarda de ses yeux verts. Après m’avoir longtemps examiné, il mit ma tête dans sa bouche. Les dents du géant étaient acérées et je pouvais sentir une odeur de viande pourrie. Je me débattais comme un fou mais la main du géant me broyait les côtes et j’avais de plus en plus de mal à respirer.
Le géant brisa ma nuque d’un coup de mâchoire mais je ne sentais rien et un message apparut devant moi en lettres rouges : « GAME OVER ».
J’enlevai mon casque et allumai une cigarette. Décidément, ce jeu était excellent.

[Brieuc, 4è E]

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Commentaires

Pas mal du tout. Vraiment je trouve ce texte agréable à lire. L'idée est vraiment bonne.

Bravo;)

Écrit par : mAxime RoUlS | 27/04/2006

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